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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Bolivie
Date du message : 17/08/2009
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 Week end pour decontracter...

Heureusement qu il y a les fins de semaine pour penser a autre chose et ne plus voir le Jorge, qui jour apres jour nous scient un peu plus… Ce type se situe a peu pres entre Francois Pignon a la sauce Pierre Richard et Homer Simpson. Des fois, ca nous fait rire, d autres pas. Mais bon, il nous faudra au moins un message pour vous conter ses exploits…

Il y a donc ces fins de semaine. Ici d ailleurs, on dit plutot “fin de semana” que week end et c est tres bien comme ca. Comme Santa Cruz est une ville sans charme et avec peu d interet, nous avons passe les deux derniers week end a Samaipata, un petit village situe a 3 heures de route – mais 120km – de Santa Cruz.

Pour le premier week end, nous avons eu la joie de retrouver nos amis Tudy, Loriane, Nico et Marlyne, venus nous rejoindre en Bolivie pour trois semaines. Nous avons eu pas mal de nouvelles du pays et des potes. Avec la perte de poids de Gwendal, Tudy, qui est son adversaire prefere en gouren, paraissait une grosse baraque a cote. C est bien la premiere fois qu il pese plus lourd que Gwendal d ailleurs…

Nous sommes donc partis a Samaipata ensemble le samedi. A l arrivee, une pluie diluvienne et un froid polaire nous surprennent. Ces Bretons nous ont ramene la pluie pour notre voyage, merci, on s en serait quand meme passe. La premiere journee fut donc une journee bretonne: comme on ne peut pas faire grand chose sous ce temps, on avance l heure de l apero… On a donc fete – pas trop fort non plus – nos retrouvailles comme on dit. Si le lendemain, le temps n etait pas beaucoup plus clement, nous sommes quand meme partis pour une excursion dans le Parc Amboro, a 20 km de la, avec Michael, un guide biologiste d origine allemande. Le genre de guide passionne qui donne une tout autre dimension a une ballade. Il est vrai que dans ce Parc coexistent des milliers de plantes rares et plus d especes d oiseaux sur ces quelques hectares que dans toute l Europe. Il y a meme des ours a lunettes qui y vivent. Michael nous montre ainsi les immenses fougeres qui bordent les chemins. Hautes de 4 metres, certaines ont plus de 400 ans. Il nous montrera aussi une plante primaire, la premiere qui ait pousse sur cette Terre il y a un peu de temps deja. Ce fut un vrai plaisir que d apprendre avec lui. Il s arrete a cote d un tronc, qui nous aurait paru banal autrement: “regardez ce chef d oeuvre”. Des dizaines de plantes diferentes se melangent harmonieusement sur ce bout d arbre. Il nous expliquera l origine de ces differentes plantes. Ca doit etre passionnant d avoir ses connaissances mais a sa place, on ne pourrait faire que 500 metres en une journee…

Nous avons quand meme marche pas mal, Michael ayant accelere le rythme a un moment pour rentrer avant la nuit. Dans ces chemins boueux, ce fut un festival de gamelles ; et nous decernons sans hesiter le premier prix a Loriane dans ce domaine…

Nos quatre amis nous ont finalement laisse le dimanche soir, en prenant la route pour Sucre. Comme pour Seb, on se retrouvera a la fin de leurs vacances.

Ce week end ci fut bien different niveau climat. Arrives a Samaipata – on avait prevu plus d habits que la derniere fois, on n allait pas se faire avoir deux fois… - c est une chaleur tropicale qui s abat sur nous. On ne s en plaindra pas. C est quand meme beaucoup mieux pour se ballader et apprecier ce petit bourg qui a garde son authenticite malgre le fait qu il y ait aujourd hui 27 nationalites qui y cohabitent. Les etrangers – beaucoup d Allemands – ont d ailleurs monopolise l economie touristique et les touristes vont invariablement dans les hotels et les restaurants de ceux ci. Nous n avons d ailleurs pas fait mieux ce coup-ci: nous sommes tombes sous le charme d une auberge tenu par un Belge (mais qui etait marie a une Bolivienne quand meme). Une deco magnifique, un jardin paisible et une bibliotheque de qualite rendaient ce lieu propice a la serenite – un soulagement quand on se tape Homer Pignon toute la semaine…

Le dimanche matin, c est jour de marche a Samaipata. Un vrai marche Bolivien, avec ses vendeurs qui envahissent les rues, les cochons qui sont sortis des camions en hurlant pour etre mises en vente… Un vrai plaisir de s y perdre pour constituer le pique-nique de la journee. Nous sommes ensuite partis pour nous promener toute la journee dans ces collines pour atteindre un ancien fort Inca, peut-etre le seul site archeologique de Bolivie. Sur un immense rocher, les Incas avaient sculpte des inscriptions et des symboles representant la nature. Autour, des edifices ceremoniels qui ont une nouvelle fois demande un travail herculeen…

Samaipata, c est joli. Le seul probleme, c est d en partir. Ici, pas de bus: des taxis font les trois heures jusqu a Santa Cruz a la seule condition qu il soit rempli. Il nous fallait donc trouver trois autres personnes pour voyager avec nous. Alors que nous attendions, un 4x4 est apparu. A l interieur, un couple de blancs, riches aparemment, nous demandent si nous nous rendons a Santa Cruz. On leur repond que oui. Apres une hesitation, ils nous demandent: “on peut vous la confier alors?”. Sort de la voiture  une jeune indigene, qui semble completement perdue. Evidemment, nous acceptons.

Mari Sol, c est son nom, vient de La Paz. Comme elle ne trouvait pas de travail la-bas, elle a emigre dans la province de Santa Cruz pour y exercer le seul boulot qui lui est permis: bonne a tout faire pour des familles riches. Ainsi, elle a ete “pretee” par sa patronne – ne devrait-on pas dire proprietaire? – a sa fille pour un temps. Ces braves gens reconnaissants la balancent donc au bord d une route en compagnie d inconnus pour son retour. Dans sa main, elle tient fermement les 30 bolivianos pour payer la course et le numero de telephone pour rappeler sa prop.. patronne.

Timide, reservee, Mari Sol nous racontera un peu sa vie, avec beaucoup de pudeur. Sa patronne semble la maltraiter et en tout cas lui crie tout le temps dessus. Elle veut d ailleurs changer de boulot, ou au moins de famille. Pas franchement facile. Et quel travail… Mari Sol doit avoir 25 ans a tout casser. Cela fait 4 ans qu elle fait ce boulot. A cette age, quand d autres sortent, flirtent, elle n a aucune vie privee.

Le pire, c est qu il y avait une penurie de taxis en cette fin d apres-midi. Pas tres grave pour nous, qui pouvions passer la nuit ici et attendre le lendemain pour partir. Mais elle? Elle doit absolument arriver a Santa Cruz ce soir la. Sa patronne ne lui pardonnerait peut-etre pas. Finalement, un taxi arrive. Il reste deux places. Elle se leve pour y aller, on lui laisse avec plaisir nos places. Un autre type, arrive a peu pres en meme temps qu elle s avance aussi. Mais une autre fille, le contraire absolu de Mari Sol, metis bimbo qui se maquille comme une forcenee pour faire croire qu elle est blanche, se leve aussi et, sans meme la regarder, lui prend sa place. On s insurge aupres du chauffeur: “cette fille attend depuis bien plus longtemps!” “C est comme ca ici” nous repond-il en substance. Mari Sol, resignee, se tait et baisse la tete. Peut-etre dans l esprit de cette bimbo il etait normal de passer devant une indigene. Dans cette resignation, c est toute la soumission de son people qu on peut voir, une soumission qui dure depuis 500 ans.

Jorge nous disait que depuis que Morales etait au pouvoir, “les indigenes etaient arrogants”. C est surement de cela qu il voulait parler… Devant cette soumission, l espoir est grand que les choses changent avec, enfin, l arrivee d un des leurs au pouvoir. Depuis notre passage chez les zapatistes, on sait quelle importance a la dignite pour tout etre humain – ce qu on ne ressent pas forcement quand on est blancs avec un nom francais (ou meme Breton) en France. Ceux qui enlevent la dignite aux gens, quelque fois, ne s en rendent pas compte. Et voient dans cette fierte retrouvee de “l arrogance”. De notre point de vue, il reste encore pas mal de boulot a faire….


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