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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Chili
Date du message : 23/10/2009
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 Valparaiso ou le Chili magique

Avec le Chili, c’est relativement simple de nous situer sur une carte: nous allons du Nord au Sud. L’est et l’ouest n’existent presque pas dans ce pays longiligne.

L’etape suivante fut donc naturellement Valparaíso. Une ville qui porte bien son nom…

Des notre arrivee, nous fumes frappes par l’architecture tres speciale de cette ville. En fait, Valparaíso n’a pas d’age: ses habitants, fiers d’y vivre et qui portent en eux une identite affirmee de la ville, l’ont conserve intacts. La plupart des facades des maisons sont en tole, certaines d’entre elles sont abandonees depuis un bout de temps… Il n’est pas rare non plus de trouver, en se balladant dans ses ruelles, de vrais terrains vagues, completement en friche. Si la ville a le titre merite de Ville Patrimoine de l’Humanite depuis 2003 (seulement), elle n’en reste pas moins sauvage. Et c’est ce qui fait une bonne partie de son charme. La nuit, dans les ruelles interminables des faubourgs, quand les voitures ont decolonise les routes, on se croirait au 19eme siecle, seuls les fils electriques trahissent un semblant de modernite.

 

Et puis, Valparaíso, a l’instar de Guanajuato, est une ville incroyablement coloree. Toutes les maisons sont ainsi peintes de couleurs les plus originales, allant du violet u vert clair. Cela donne un charme d’autant plus irresistible que la ville est en pente, abrupte: d’en bas, on croirait que toutes ses couleurs vont s’ecrouler sur nous…

En plus de cela, la ville a laisse libre cours aux artistes locaux, qui ont peint la plupart des murs de leurs oeuvres. La Municipalite a meme eu l’idee lumineuse de creer un musee… en plein air. Le visiteur peut ainsi admirer les peintures murales en se promenant dans les ruelles de la ville. Et franchement, ca change tout par rapport a l’ambiance tamisee des musees, ou on ne peut rien toucher ni dire… De la culture populaire, la vraie.

 

Car populaire, Valparaíso l’est, au plus profond d’elle. Deja, comme toutes les villes portuaires, elle compte d’inombrables bars, qui eux non plus n’ont pas change avec le temps. Ce fut un vrai plaisir pour nous de resentir ici l’esprit et l’ambiance du bistrot, qui est en fair peu commun dans l’ensemble de l’Amerique Latine. On a ainsi passe une soiree bar, allant notamment dans un cabaret ou les memes chansons des annees 30 sont reprises par des chanteurs et chanteuses locaux. Nous avons pu une nouvelle fois apprecier la convivialite des Chiliens, qui aiment vraiment les rencontres. On a ainsi fait connaissance avec un certain M. La Fontaine, la cinquantaine,  qui avait des ancetres gaulois apparemment. Mais rien a voir avec le poete. Son grand-pere est parti de France pour rejoindre le Chili. Pourquoi? “Il fallait lui demander” nous repond M. La Fontaine, d’un ton sarcastique refletant l’ambiance de ces villes portuaires. Un Brestois accoude au comptoir n’aurait pas repondu mieux…

 

Valparaíso, c’est aussi la ville natale des deux personages les plus importants du Chili du 20eme siecle: Pablo Neruda, le poete et Salvador Allende, l’ancien president. Tous deux rebelles, comme leur ville. Pas loin de notre hotel, nous remarquons le “centre culturel Salvador Allende” avec une belle peinture sur le mur. Lorsque nous nous en approchons, nous tombons nez a nez avec Yuri, le maitre des lieux, un beret rouge a la Chavez sur la tete et un t-shirt Allende sur son gros ventre. Tout de suite, il nous propose de rentrer. Il nous explique l’origine de ce lieu: “en fait, c’est chez moi. J’en ai decide d’en faire une bibliotheque en l’honneur de Salvador Allende. Car il ne faut pas que les Chiliens oublient cette epoque”. Evidemment, l’entree est gratuite. Yuri nous paiera meme a boire, en nous racontant l’histoire du pays – il avait 13 ans en 1973 lors du coup d’Etat – et de ces figures rebelles qui ont combattu avec Allende. L’ancien president est indiscutablement son idole. Il a meme ete jusqu’a appeler son fils… Salvador. Un sacre personage, ce Yuri et qui aime a etre connu a travers ces images de revolutionnaire. Ainsi, il gagne sa vie en vendant des sándwiches dans une barraque a frites sur une des principales arteres du centre-ville. La barraque est aussi decoree aux couleurs revolutionnaires, son portrait se situant – modestement – entre Allende et le Che… Nous y avons ete le lendemain, histoire de contribuir a cette forme de militantisme. On a ainsi deguste un “revolucionario” et un “proletario gigante”. En musique d’ambiance, des discours du grand Salvador. C’est en cotoyant ces personnes qu’on se rend compte quel immense espoir ce gouvernement populaire avait genere. Beaucoup de Chiliens vivent dans ce passe, desesperes par le present et l’avenir. Un paisaje ultraliberal a l’horizon: dans un pays un peu moins cher que la France mais pas plus, le salaire minimum est de 300 euros par mois pour… 45 heures de travail hebdomadaire! Meme le metro de Santiago n’a rien d’un service public: pendant les heures de pointe, lorsque les plus denumis, ceux qui n’ont pas de voitures, prennent les souterrains, les prix augmentent…

 
Yuri aussi a failli en patir de cette ambiance deconnectee de ses convictions: la Municipalite lui a un jour ordonne de repeindre sa barraque a frites en vert, comme tout le monde. “Mais les citoyens se sont mobilises” nous raconte-t-il fierement.

 
C’est, enfin, a Valparaíso que nous avons retrouve notre ami Lele, Steven Leon dans le civil, qui vit et travaille ici, au Chili. Un type qui porte bigrement bien son nom puisqu’il est natif du nord ouest de la Bretagne

Le lendemain, sur le chemin de son appartement, il nous a fait decouvrir de magnifiques petits coins, dont un petit port de peche qui nous a fait penser a notre cote de la Fin de la Terre a nous, l’eau glacee tout pareil mais un ciel bleu et des cactus en plus.

Lele va ensuite nous recevoir comme des rois chez lui ; on en etait meme genes. Il nous presente sa chambre en nous disant: “voila votre chambre: Moi je vais dormir dans la plus petite car le matelas gonflable n’est que pour une personne”. On essaiera de le remercier en lui faisant de bons petits plats, et meme un gateau au chocolat. Ca nous a fait tout drole de cuisiner autre chose que des pates – tomates…

 
Apres trois jours chez lui, ou Gwendal a pu reprendre quelques kilos, nous avons repris la route, vers l’immense pays voisin. Nous voici dans la tentaculaire Buenos Aires…

 


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Par Erwan

le 25/10/2009 à 12:57:42

Cette mer glaciale, si près du tropique, où on ne peut pas se baigner même au printemps, ça m'a intrigué... J'ai consulté mon atlas, et voilà que j'ai découvert que le Chili est baigné par un courant froid. Alors que nous en Bretagne nous avons le Gulf Stream. C'est pas pour vous faire la leçon mais au contraire pour vous prouver que par delà vos témoignages directs et humains vous êtes déclencheurs de curiosité... Bonne santé à tous deux Erwan

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