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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Bolivie
Date du message : 10/10/2009
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 Un tour dans les deserts

En ayant change notre programme pour arriver plus rapidement au Chili, nous avons decide de passer la frontiere de la Bolivie au Chili de la plus belle – sans doute – maniere qui soit: en visitant le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez.

Pour arriver a Uyuni, nous avons pris, pour la premiere fois du voyage, le train: bien plus confortable que le bus, meme en deuxieme classe. Arrives a 2h30 du matin, nous avons vite fait connaissance avec le climat local: un froid polaire, qui vous glace le nez et les levres, enfin, tout ce qui n’est pas couvert.

Nous avons donc visite le Salar d’Uyuni puis le Sud Lipez en trois jours.  Ce furent des moments exceptionnels pour nos yeux, qui sont restes grands ouverts…

A l’origine, cette region etait une ancienne mer. Lorsque l’eau s’est retiree, elle a laisse le sel, qui se regenere dans le Salar grace a des fleuves souterrains. Dans cette immensite blanche apparaissent parfois des iles, qui etaient aussi sous la mer: ce sont donc des iles de coraux, parsemes de cactus, presque les seules plantes qui poussent sur ces ilots de vie. Le Salar est avant tout un lieu exceptionnel, une bizarrerie de la nature, qui profite aux locaux, qui exploitent le sel de facon raisonnee. L’esprit andin est encore la: ils ont refuse que leur travail dependent de multinationales , avides de profits faciles. Ils exploitent donc le sel a la pioche. Nous avons discute avec l’un d’eux: il pioche huit heures par jour, dans le froid d’abord, puis sous un soleil de plomb. Tres sensibilises a son travail, d’autres touristes montaient sans honte sur les tas de sel qu’il avait realise depuis le matin pour prendre des photos… et faisaient en partie ecrouler le dur labeur du pauvre homme, depite.

Neanmoins, a cote, le Sud Lipez est une merveille exceptionelle. A la difference du Salar, cette region est un festival de couleurs incroyable. Jamais nous n’aurons pu croire que la Nature ait pu composer de telles diversites de couleurs dans un meme lieu. Pas un chef d’oeuvre de l’humanite ne peut rivaliser devant tant de beaute. Un magnifique cadeau de la Nature… Merci a elle.

Au milieu de montagnes ocres, blanches, vertes, jaunes, se deploient de nombreuses lagunes, dont une d’un rouge hallucinant. A l’interieur, de superbes flamants roses ont eu la bonne idee d’y elire domicile. Comme cette region est tres volcanique, avec certaines collines encore en activite, le sol respire d’une activite elle aussi exceptionelle. Des geysers impressionnants au lever du soleil nous ont ete donnes a voir, avant le “pied” des trois jours: un bain thermale a 7h du matin, dans une eau a 45 degres, alors que nous essayions en vain de nous rechauffer apres une nuit a -15 degres…

On ne pourra jamais oublier ce chef d’oeuvre naturel. Malheureusement, cette merveille est exploitee par des agences de tourisme qui se livrent une concurrence feroce… mais pour proposer exactement la meme chose, a quelques details pres. Dans cette region, il est difficile de se passer d’agence: se perdre dans l’Altiplano, on connait déjà, un desert ou il fait -20 degres la nuit ne nous bottait pas forcement…

En realite, nous avons passé la tres grande majorite de ces trois jours assis le cul sur une banquette de 4x4. Il faut quand meme avaler plus de 1000 km sur des chemins en terre. Le temps est donc compte et notre guide antipathique est la pour nous le rappeler tout le temps.

A chaque arret, nous retrouvons nos collegues touristes. Une quinzaine de 4x4 stationnent ainsi presqu’en meme temps… dans un desert. Aux eaux thermales, Celine fait remarquer a notre guide que nous sommes nombreux. Il se retourne, surpris: “tu rigoles? C’est la basse saison, d’habitude, il y en a au moins 3 fois plus!”. On avait de la chance, sans le savoir…

A ce rythme, c’est donc du photo-stop que nous faisons. Le matin du deuxieme jour, Gwendal demande s’il est possible de s’arreter un peu. Notre guide-chauffeur ralentit, l’air exaspere: “d’accord, mais vite. Nous sommes deja TRES en retard”. Il est 9h30 et la journee a commence depuis 1h30…. A leur decharge, ces guides doivent etre exploites vus les tarifs proposes. Ils ne font donc aucun effort pour etre agreeable, et ont déjà beaucoup a faire a rouler sur ces pistes 8 heures par jour.

Le plus etonnant est qu’il apparait difficile de trouver une alternative a ces formules 3 ou 4 jours ultra-speed. A ce rythme, en tout cas pour nous, impossible d’en profiter. Impossible de prendre le temps d’admirer le paysage, de se mettre dans l’environnement: le klaxon du 4x4 est la pour nous rappeler qu’on n’est pas la pour rigoler.

On comprendra quand meme que ces agences s’adaptent tout simplement aux desirs de la plupart des touristes.

Chaque soir, nous retrouvions donc une partie de nos “collegues” dans les auberges. Les discussions vont bon train sur les voyages. Deux Belges s’avancent vers nous. Malgre leur sourire, on les sent tres preoccupes: “Vous avez “fait” le Perou aussi? Parce qu’on est embete: on ne sait pas s’il FAUT qu’on FASSE Potosi et Sucre, ou plutot Arequipa. Franchement, on ne sait plus quoi faire!!”. Nous restons assez perplexes devant l’art des occidentaux pour se creer des problemes… Nous leur conseillons Potosi, en expliquant un peu l’histoire tragique de la ville et de ces mineurs. Mais la seconde d’apres, nous le regrettons: ces filles – qui reagissent comme beaucoup de “voyageurs” croises – sont obsedes par leur planning et le fait de rentabiliser au maximum leur temps. Sauront-elles laisser leur esprit suffisamment disponible pour sentir et comprendre l’atmosphere de cette ville-symbole, Potosi?

Ainsi, dans notre monde occidental ou le voyage est synonyme de liberte dans l’imaginaire collectif, certaines personnes reagissent la exactement comme dans leur vie quotidienne professionnelle: course effrenee contre le temps, programme a respecter. Le piege se referme, et le systeme a tout gagne…

Dans ces discussions, jamais aussi nous n’aurons autant entendu le verbe faire: “faire le Machu Picchu”, “faire le Salar”, ou pire “faire la Bolivie” – le pauvre Bolivar doit d’ailleurs se retourner dans sa tombe… Comment reagirait ces gens si des tourites leur disaient qu’ils avaient “fait la France”?

Ainsi, ces gens ont “fait” le Salar. Cet odieux verbe materialiste a donc remplace les mots “admirer”, “traverser”, “sentir”, “decouvrir”…  Ce ne sont que des mots pourrait-on nous dire. Mais justement, ce sont des mots et celui-la a une sacree force symbolique: chez nous, si on ne “fait rien”, on n’est rien, comme nous, au chomage avant de partir. Meme pendant les vacances , il faut etre agissant, et le montrer. Le monde occidental est-il a ce point desenchante pour tout reduire a de la production?

Au fur et a mesure du voyage, nous avons fui ce genre de tourisme, qui ne nous convient pas du tout. Nous le disons avec joie: nous n’avons pas fait grand-chose ces derniers mois, mais qu’est-ce que nous avons decouvert, appris, aime…

 

 

 


Note: 5/5 - 1 vote(s).

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Par seb

le 12/10/2009 à 18:20:09

Bande de vainards vous avez FAIT le Salard.

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