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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Pérou
Date du message : 25/07/2009
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 Un autre commerce est possible!

Transparence et honnetete. Dans notre monde a l envers, ces deux termes sont souvent usurpes pour les besoins de notre societe d apparence. Les grandes entreprises n ont que ses mots a la bouche, pour faire le contraire. Un exemple parmi d autres: Nestle, la multinationale qui convainquait honteusement les femmes Africaines dans les annees 70 que leur lait en poudre etait bien meilleur que le lait maternel, s est lance comme tout le monde dans ce quo n appelle LE “commerce equitable”. Ainsi, dans ce monde d apparence, il est necessaire de faire du commerce equitable. Un peu, pas trop. Juste de quoi communiquer, pour vendre plus. Le reste, c est du commerce “conventionnel”. Ainsi, dans notre monde a l envers, le commerce conventionnel est un commerce inequitable, comme l agriculture conventionnelle est l agriculture chimique.

Pas facile de faire la part des choses. Si tout le monde fait le bien, d ou vient le mal? La seule solution est de s informer au maximum, en premier lieu sur ce qu on consomme.

Et heureusement, il y a des initiatives qui font du bien, qui donnent de l espoir pour que les mots “transparence” et “honnetete” aient encore un sens. Nous avons donc suivi l entreprise Saldac de Montelimar, venu comme chaque annee pour suivre leur filiere de produits au Perou. Notre but a nous etait de preparer un possible travail au Bresil, chez les Sans Terre, qui vendent en Bretagne leur delicieuse cachaca.

Tout d abord, on doit dire qu on a ete impressionne par leur disponibilite. Lorsqu on les avait contacte il y a trois mois, on ne savait pas trop s ils allaient etre d accord. Finalement, on ne se connaissait pas, pourquoi se seraient-ils embetes avec nous? Pourtant, la reponse fut positive des le depart, sans nous poser de questions. A notre arrivee a La Merced, petit bourg du centre du Perou ou nous avions rendez-vous, l accueil fut de suite tres chaleureux. Kolia et Lisette (comme leurs noms ne l indiquent pas, Kolia est Francais et son nom est d origine russe, tandis que Lisette est… Peruvienne!), le couple a l origine de ce projet equitable nous recurent d abord avec Jose, energique patron d une entreprise de jus de fruits et de liqueurs, que Saldac importe en France. Kolia nous explique que les ¾ des ventes de l entreprise de Jose se font au niveau local: “nous ne voulons pas que nos partenaires ne soient dependants que de nous. Si on a un probleme, c est toute la filiere qui trinque”. Ainsi, ici, contrairement a d autres initiatives dites de commerce equitable, equitable veut aussi dire local. Et Jose communique beaucoup sur son initiative equitable. On s etonne de ses affiches, qui indiquent en gros “Commerce equitable” et sur lesquelles posent des jeunes filles a peu pres nues, tout sourire. “Ca change de la France en effet, nous dit Kolia. Il n y a pas cette idee du pauvre petit producteur a qui il faut donner par charite”. Et effectivement, ca rend le concept beaucoup plus positif…

Le lendemain, nous partons avec eux a Pangoa voir leurs producteurs de cacao. Le tres sympathique Jose nous invite a revenir, en nous offrant plusieurs bouteilles de ses delicieux jus de fruits: “on pourra aller voir les producteurs de fruits si vous voulez. Ca depend combien d annees vous voulez rester ici!” nous dit-il en rigolant.

A Pangoa, nous allons decouvrir le circuit complet de production du cacao. Surtout, nous allons rencontrer une cooperative ou lien humain et solidarite veulent dire quelquechose. Le premier jour, une reunion est organisee avec tous les producteurs de cacao, qui vendent leur production de cacao a la cooperative, qui se charge ensuite de le secher puis de l importer en France ou ailleurs. Kolia leur explique, photo a l appui, toute la chaine de transformation et de distribution de leur cacao en France, devant un public tres interesse. Un public qui aura les yeux qui brillent quand Kolia proposera de deguster les tablettes, ramenees de France pour eux. Un moment unique: peu de producteurs de cacao – malheureusement et c est un sacre symbole – ont la chance de pouvoir gouter ce qui fait tant de gourmands en Europe. Nous les regardons deguster ce qui semble etre un tresor pour eux. Une lecon pour nous aussi, qui devorons des tablettes entieres. On pensera a eux en le faisant maintenant….

La gerante de cette cooperative a un prenom on ne peut plus approprie: Esperanza, espoir en Espagnol, le meme mot que celui inscrit sur le T-shirt de Gwendal ce jour-la. “Je vais faire une photo avec lui” nous dit-elle tout sourire. Elle ne lachera pas son sourire d ailleurs pendant nos trois jours de visite. Pendant toute une journee, Lisette, Kolia et elle travailleront sur le cahier des charges de l association Minga, dont  Saldac est membre. A cote, nous observons et apprenons. Ce cahier des charges est “participatif”. Le but est d ameliorer au fur et a mesure les pratiques pour aboutir a une reelle economie equitable. Une initiative a cente lieues de celle de Max Havelaar, qui s est autoproclame depuis longtemps LE label DU commerce equitable. La cooperative est aussi labellise par le gros Max, et ca leur coute 3000 euros par an pour que des occidentaux leur dise ce que l équite veut dire… Esperanza espere a demi-mot que leurs clients abandonnent un jour cette certification couteuse pour eux. “Avec cet argent, on pourra ameliorer notre programme de sante pour les familles de producteurs et financer les etudes de plus d enfants”. Max Havelaar fait bien partie de ce monde a l envers…

Pour finir, nous avons ete visiter des familles de producteurs. Nous avons pu nous rendre compte de  l importance pour Saldac que ces familles aient d autres moyens de subsistance. “Nous essayons de voir s ils ont d autres cultures, pour se nourrir et s ils ont un peu d elevage aussi. Eux non plus ne doivent pas etre dependants a 100% du cacao qui est exporte”.

Dans notre monde a l envers, ce sejour nous a fait le plus grand bien. On y a rencontre des gens convaincus, et heureux et fiers de travailler pour un monde plus juste.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les produits de Kolia et Lisette, on ne peut que vous conseiller d aller sur leur site internet www.saldac.com, un site ou transparence, la aussi, signifie encore quelque chose. Et pour avoir des informations sur une economie equitable, tapotez www.minga.net, vous ne serez pas decus.

Quant a nous, nous sommes arrives a Lima deux jours avant le week-end de la fete nationale. Tres mauvaise idée. Tous les bus sont pleins et nous avons donc du abandoner le projet de voir le Machu Picchu. Nous ferons donc partie des rares voyageurs a visiter le Perou sans y aller… Apres deux jours dans un bout de desert incroyable a Ica, ou nous avons teste le “surf des sables” avec bonheur, nous prenons la route ce soir pour Arequipa. Un peu fatigues tous les deux de ces deux mois et demi a bouger tout le temps. Une petite pause avant la Bolivie fera le plus grand bien…


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Par Cristobal

le 27/07/2009 à 03:09:46

¡Hola chicos! Big up pour les recits, tres interessants sans etre chiants, belle facon de voyager
Que les vayan bien

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Par jfhubert

le 01/08/2009 à 17:51:20

juste un bonjour de bzh!

amitiés!

jean-françois

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