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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Bolivie
Date du message : 04/09/2009
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 Sur les pas du Che...

Tout le monde ne le sait pas: c est ici, en Bolivie, qu Ernesto Che Guevara a livre sa derniere bataille. Rarement dans l histoire un homme n a a ce point applique a lui-meme ce qu il prechait. Le Che etait convaincu qu un “homme nouveau” devait voir le jour chez chaque etre humain pour enfin changer le cours des choses et creer un monde plus solidaire et plus juste. Bataille difficile dans les annees 60, ou le systeme dit “communiste” prechait la dictature du proletariat. Lui pensait que c est d abord le changement de chaque homme qui allait faire changer la structure globale. On l a traite pour cela de “romantique” mais ces idees ont traverse le temps et sont encore vivaces aujourd hui, quand le monde se cherche un autre modele.

Quarante ans après sa mort, comme un symbole, c est sans doute ici, en Bolivie, que le Che aurait retrouve le mieux ses principes dans l action d un gouvernement. D ailleurs, il etait convaincu que l Amerique Latine ne changerait qu a partir du moment ou les indigenes, les premiers habitants du continent, avec leur culture base sur le collectif, prendraient le pouvoir. Depuis 2006, 39 ans après la mort du Che – qui avait lui-meme 39 ans a sa mort – pour la premiere fois, un indigene, Evo Morales, prenait le pouvoir avec un programme base sur la solidarite et la justice sociale. Comme un autre symbole, c est dans la región la plus opposee a ce pouvoir nouveau, Santa Cruz, que le Che fut abattu…

Nous avons donc d abord ete a Vallegrande, chef lieu de la Sierra ou le Che avait mene sa guerilla. C est ici que son corps fut triomphalement expose dans la laverie de l hopital pour prouver au monde que “l homme le plus dangereux au monde” selon la CIA avait ete abattu. Dans un musee de la ville, des photos montrent son visage hirsute, cheveux long et barbe de 30 jours. Pour les Boliviens, la legende du Che debuta ce jour-la. L infirmiere qui prepara son corps raconte encore aujourd hui combien elle fut impressionne par son visage. “Il avait les yeux grand ouverts et semblait nous suivre du regard”. Dans un pays catholique comme la Bolivie, le Che etait devenu un Christ revolutionnaire et athee. La legende continua lorsque peu après, plusieurs membres du commando qui l avaient capture et assassine sont morts de maniere inexpliquee. Le general-dictateur de l époque, Rene Barrientos, qui avait fait de la capture du guerillero son objectif numero 1, mourra egalement peu après dans un accident… Hasard ou vengeance post mortem d un homme hors du commun?

La laverie est reste en l etat dans ce village Bolivien. En verite, il n y a pas foule pour aller la visiter. Nous eumes tout le temps d imaginer la scene et de contempler les innombrables inscriptions sur les murs en son honneur, et en toutes les langues. Il en manquait une: Gwendal a rajoute dans un des derniers recoins libres “Betek an trec’h bepred” – Hasta la victoria siempre en breton…

Le lendemain, nous avons pris la direction de La Higuera, village maudit ou Ernesto Guevara fut capture. Pour s y rendre, il est possible de louer les services d une agence a 100km de la. On a choisi comme d habitude la solution la moins pratique mais de notre point de vue la meilleure: les moyens locaux. Pour le coup, il n y a qu un camión qui partait ce jour-la de Vallegrande. Apres 2 heures d attente dans la benne – car le chauffeur “avait des papiers a faire” – nous sommes enfin partis, essayant de se trouver une place entre les sacs de farine, les caisses de soda et des cartons de poussins vivants. Une experience inoubliable, ou on a encoré pu sentir la convivialite du peuple Bolivien, qui ne se plaint jamais. Les 60 km qui separent Vallegrande de la Higuera ont ete faits en 6 heures, sur des routes en terre completement defoncees. Il vaut mieux s accrocher et ne pas se relacher.. La Reum, qui a eu la un (premier) apercu des moyens de transport locaux, s en souvient encore: un moment de relachement lui a ete fatal et elle a bien faille casser son nez sur la barre de fer!

Nous avons pu faire la connaissance lors de ce trajet de la petite Mari, 4 ans, et de sa grand-mere qui l eduque – car sa mere “est parti gagner sa vie au Bresil”. Les enfants non plus ne se plaignent pas. Durant ce trajet eprouvant, elle ne s est pas departi de son sourire, sauf pour dormir – mais comment faisait-elle? Lors d une pause, la reum pele sa pomme, notre seul repas, et lui donne un morceau. Mari demande alors timidement: “tu peux me donner les epluchures?”. La reum n a pas compris sur le moment mais voit immediatement sa grand-mere lui faire signe de se taire. On aura beau partager les memes moyens de locomotion, on ne sera jamais du meme monde… Cet instant est un sacre symbole de la dignite de ces peuples d Amerique Latine. Mari n insistera pas et aura comme seul repas les deux bouts de pomme et les deux bonbons qu on lui aura donnes. Plus tard, elle osera a peine demander un peu d eau a Celine, alors qu elle n avait pas bu une goutte de la journee…

La Higuera est un tout petit village. Une vingtaine de familles y habitent, vivant leur vie de paysan dans un decor exceptionnel: le village est recouvert de peintures en l honneur du Che et trois statues du bonhomme tronent sur la place du village. L ecole ou le Che fut detenu est devenu un petit musee, ou il y a meme la chaise ou il etait retenu. Lors de ce periple, nous n avons cesse de penser au film “Che” avec Benicio del Toro sorti en debut d annee et qui retrace de tres belle facon sa derniere epopee.

Nous avons egalement ete a l endroit ou il fut capture, cerne par l armee bolivienne, au fond d un ravin. Tout un symbole, c est a cet endroit exact ou nous ferons la rencontre de Thomas, un Americain vivant en Bolivie. Un type extraordinaire, vraiment. Il remarque tout de suite le bandana de Gwendal, achete chez les zapatistes. Il y a ete, lui aussi, et pas qu un peu: “pendant 4 ans, je faisais des aller-retour au Chiapas pour apporter du materiel aux communautes”. Militant jusqu a la moelle, on apprendra avec surprise qu il est avocat. Un avocat pas comme les autres qui, ses etudes terminees, est parti ici en Bolivie. Aujourd hui, il travaille pour une association de victimes des massacres “de l octobre noir”. En 2005, l ancien president, nomme ici Goni, fait face a une nouvelle revolte dans la campagne de Sucre. Il y envoie les militaires, qui font un veritable carnage. Alors que les hommes du village etaient partis a la sortie de leur pueblito pour faire face a l arrivee de l armee et proteger leurs familles, ces derniers sont entres par une autre route et, sans aucune honte, ont commence a tirer. La premiere victime fut une fille de 8 ans, qui s etait penche a la fenetre pour voir qui etaient ces messieurs qui arrivaient en faisant du bruit.

Cette tragedie provoqua la fuite du president aux Etats-Unis, ou il vit toujours, avec une fortune estimee a 500 millions de dollars, fruit de son dur labeur de chef d Etat et… de proprietaire de mines a Potosi… Thomas travaille ici pour tenter d extrader l ex president. En Bolivie, cette affaire a une importance capitale: au-dela du massacre, cela permettra de juger enfin celui qui est responsable de ces annees de neoliberalisme dur qui ont provoque une misere sans precedent dans le pays.

Thomas est ainsi paye un SMIC Bolivien pour traiter une affaire d Etat entre la Bolivie et les Etats-Unis. Il ne croit pas trop a la reussite du proces: “l avocat de Goni est un grand ami de Hillary Clinton”. Ca complique un peu les choses en effet. “De toute facon, je ne crois pas trop en la loi” nous confie-t-il. Un avocat anarchiste, ca ne se trouve pas a tous les coins de rue… Alors, il se dit que pour faire connaitre cette histoire, le mieux serait de faire un livre. Un editeur est interesse et les deux principales figures de l altermondialisme americain, Noam Chomsky et Naomi Klein. Rien que ca… “Et si ca ne marche pas, eh ben, on ira pourrir la vie de Goni dans le quartier ou il habite”. Un vrai militant, capable donc de taper sur des casseroles apres avoir instruit un proces international et ecrit un livre avec deux celebrites….

Comme il rentrait a Sucre comme nous, nous avons eu le temps de discuter. Surtout qu apres avoir pris un premier bus, nous devions patienter au milieu de nulle part pour une correspondance pour Sucre. Tous les bus etaient complets… Nous avons du nous resigner a monter dans le dernier et a se caser dans la cabine du chauffeur… Nous avons ete jusqu a 7 entasses la-dedans, pour une nuit entiere. Inutile de vous dire qu elle fut relativement difficile. La reum a eu un deuxieme apercu eclairant des moyens de transport d ici. Bienvenue en Bolivie!


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Par Emmie

le 06/09/2009 à 19:31:28

coucou marraine ! j'ai regardé tes photos ! qu'elles sont jolies ! je t'aime ! passes de bonnes vacances !!! (mots véritablement écrits par la miss, aidée de sa maman)

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Par Marion

le 09/09/2009 à 14:17:52

coool ce voyage sur les traces du Che!
Bon trip
Bonjour à la "reum"
Hasta la victoria siempre
que lo paseis bien muchachos!

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