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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
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C est la triste fin!
C est la triste fin!


Localisation : Espagne
Date du message : 07/12/2009
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 Sudakas en Barcelona

Nous avons donc débarqué mardi dernier à l’aéroport de Barcelone. Un peu (beaucoup) déphasés. Et on ne parle pas du décalage horaire, qui nous a certes empêché partiellement de dormir pendant quelques jours, mais bien du rythme de vie. Comment dire ? ça change quoi…

Nous avions pourtant choisi une destination qui nous semblait adaptée en rentrant d’Amérique Latine : Barcelone a un côté Latino, une vie de rue qui en fait selon certains une « petite Amérique du Sud ». Franchement, pas pour nous. C’est en rentrant d’un périple au Nouveau Monde qu’on peut s’apercevoir à quel point Barcelone appartient bien au Vieux. Quand on pense à Barcelone, on pense souvent aux petits quartiers, au côté rebelle des habitants de la ville. C’est oublier qu’il y a aussi une bonne part de la population qui reste très conservatrice et traite de « sudaka » (métèques) tous les Latinos qui viennent les « envahir ». Pour quelques temps, on en faisait un peu partie…

Effectivement, le contact social n’est pas le même. Nous avons ainsi été dans le barrio gotico, le quartier populaire et un peu anarchisant de la ville. Dans un des bars les plus symboliques de ce quartier, on a bien senti la différence : la serveuse nous a servi nos bières. C’est tout. Et c’est son plus strict droit (du travail). On a essayé d’engager des conversations mais peine perdue : ici, il y a toujours quelque chose de plus intéressant à faire que de discuter.

Evidemment, on ne va pas critiquer cette pauvre serveuse, qui avait effectivement sans doute d’autres choses à faire. Simplement une observation : l’échange, le lien social, n’est pas primordial ici, ou se situe à la 6ème, 7ème ou 200ème place dans l’ordre de priorité des gens. Ce fut d’ailleurs la même réaction, quoique plus polie, dans un magasin de commerce équitable, où nous venions parler de la cachaça de nos amis des Sans Terre.

Malgré cela, Barcelone garde un charme particulier : outre le beau temps en ces jours de tempête en Bretagne, elle a également un joyau de l’art architectural, le Parc Guell. Gaudi, son géniteur, est un génie tout court. Ce fut un plaisir de retourner dans ce lieu que (presque) tout le monde connait depuis le fameux film L’Auberge Espagnole. De flâner dans ce parc, de prendre le temps sur ces magnifiques bancs en faïence tout colorés. On a d’ailleurs eu un sentiment étrange : on a eu cette impression de beaucoup plus profiter de cette œuvre d’art que la dernière fois que nous étions venus. Aurions-nous appris à prendre (plus) le temps ?

Finalement, faute à un budget ric-rac (toujours), on a pris un train au bout de deux jours pour la frontière française. A 10 euros, avouez que ça vaut le coup… La ville frontière s’appelle Cerbère. C’est pas une blague. Endormis dans le train, nous avons donc été réveillés par un « Cerbère » dans la France de Sarkozy… Et ce fut plus qu’un symbole : à la sortie du train, nous passons devant quatre flics en train de discuter tranquillement. Lorsqu’on passe devant eux, l’un d’eux nous prend de haut : « non mais ho, là, vous voyez pas que c’est un contrôle de police là ??!! ». Non, on ne l’avait pas remarqué. On avait surtout oublié qu’ici, il fallait s’agenouiller devant la police. Ces types ont pris une importance un peu inquiétante à notre goût. Le comble, c’est qu’on rentre de pays quelque fois caricaturés comme des dictatures militaires. Là-bas, on n’a jamais eu de problèmes avec les policiers, des gens à qui on peut parler normalement … là-bas…

Cerbère, à part ça, c’est un tout petit village. Difficile de faire du stop là-bas. On a donc attendu le bus qui nous mena jusqu’à Perpignan pour 1 euro (mais 2 heures pour faire 45 km, ça rappelait la Bolivie). En attendant, nous avons pique-niqué sur la place, emmitouflés dans nos ponchos : là, on avait vraiment l’air de vrais sudakas. Un type est venu nous voir d’ailleurs. Un « errant » comme il se qualifie lui-même. Un pauvre gars en fait… Qui n’a parlé que de lui, et de ses exploits imaginaires. Combien faudra-t-il de déprimés, de mythomanes, de « déséquilibrés » pour que notre société se rende compte du malaise qui existe ici ?

Arrivés à Perpignan, nous avons fini par sortir notre panneau confectionné à Barcelone pour le stop. Pas facile, le stop, à Perpignan… Au bout de plus de deux heures, nous sommes embarqués par Serge, un Alsacien dentiste, qui va bientôt s’installer en… Bretagne. Un type très sympa, qui ne se plaît pas en Catalogne.  « Franchement, je ne pense pas qu’un Catalan vous aurait pris en stop. Ils sont pas accueillants ici. C’est d’ailleurs pour ça que je m’en vais ».

Arrivés de nuit et dans le froid à Montpellier, nous nous sommes résignés à prendre le train français, bien plus cher que son homologue Espagnol. Direction Toulon, chez Patrice et Sophie, oncle et tante de Céline. Qui nous ont reçus à bras ouverts et avec tout le confort occidental. Le premier matin, ce fut d’ailleurs un choc : du silence… C’était la première fois depuis presque 10 mois. Pas de doute : l’aventure est bel et bien terminée !


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