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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



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MaradoManu
MaradoManu


Localisation : Chili
Date du message : 28/11/2009
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 Se acabo, se acabo, se acabo...

Ca sent quand même la fin… Si tout se passe bien, nous prenons un avion lundi prochain pour Barcelone donc – si tout se passe bien car on n’a décidément pas confiance avec ces billets électroniques.

On aura été jusqu’au bout des possibilités de notre portefeuille. Cela fait maintenant quelques jours que nous sommes rentrés chez notre ami Lélé, réfugiés serait peut-être plus approprié : on n’est plus capable de payer une nuit dans l’auberge la moins chère du Chili… Lélé nous a encore accueilli à bras ouverts et nous permettre de ne pas nous endetter !

 

 

 

La dernière étape de notre voyage, dans nos petites têtes, était ce fameux concert de Manu Chao, qui a eu lieu jeudi dernier. On en a profité pour visiter un peu la capitale, Santiago du Chili, avant le spectacle du soir.

Un peu seulement : on se rendra bien vite compte qu’ici, au Chili, c’est le règne du « marché libre » comme nous dira Maria Theresa, une ancienne réfugiée politique en France qu’on rencontrera dans la rue. Tout se paie. Dans le pays « le plus développé d’Amérique Latine » comme nous avait doctement expliqué HEC, cette brillante étudiante rencontrée au Pérou, il n’existe pas d’office de tourisme. Santiago sera donc la seule ville d’Amérique Latine où on n’offre pas de plan de la ville gratuitement aux touristes sans le sou. Et si ce n’était que ça…

Ici, tout est privatisé, et les grandes entreprises venues envahir le pays se servent sans compter. Même le métro de Santiago est un modèle de libéralisme : le tarif augmente lors des heures de pointe. Les pauvres qui ne peuvent pas se payer une bagnole sont donc les victimes silencieuses de cette magnifique loi « naturelle » de l’offre et de la demande.

En fait, le Chili subit toujours l’héritage horrible des années Pinochet. Les choses vont mal mais pas grand monde ne l’ouvre.

Ne pouvant pas connaître la ville à moins d’acheter un plan, on ira donc directement sur le lieu du concert, en plein après-midi. Après s’être faufilé par une porte entrouverte, on passera l’après-midi allongés sous un arbre nous protégeant du soleil printanier du Chili, à écouter tranquillement les balances de Manu et sa bande. En fait de balance, c’est plutôt un concert sans spectateur. Une belle mise en bouche.

On s’apercevra encore de l’héritage pinochetiste quand, l’heure du concert approchant, nous avons voulu nous préparer comme se doit de faire un Breton habitué aux joutes des vieilles charrues et du bout du monde, c’est-à-dire boire une bière à la santé de la soirée à venir. Arrivés dans une petite boutique, on est accueillis par un refus poli : « ici, au Chili, on n’a pas le droit de vendre de l’alcool à moins de 400 mètres du lieu d’un spectacle. D’ailleurs, la veille des élections, c’est pire : on ne peut pas acheter une bière dans tout le pays ! ». Le gérant de la boutique, sympathique et accueillant comme la plupart des Chiliens qu’on aura rencontrés, nous indiquera une autre boutique, un peu plus loin, en dehors du fameux périmètre de sécurité.

 

 

 

Le concert fut évidemment magique – mais nous ne sommes pas très objectifs. Cette bande de troubadours a quand même une énergie incroyable (on va essayer de vous envoyer une vidéo pour vous en faire voir un petit bout). Un bémol quand même : à notre étonnement, le public est loin d’être aussi chaud que le public breton, et on le dit sans chauvinisme aucun. Peut-être est-ce l’alcool qui fait la différence ?

Là-bas, on a eu une nouvelle preuve que les Bretons étaient décidément partout : un gwenn ha du flottait au milieu du public, comme à la maison… Il appartenait à une Douarneniste, venue vivre au Chili, la terre de ses ancêtres. Avec donc le drapeau de sa terre d’adoption…

On a aussi retrouvé à notre grande surprise Rodolfo, le type de Bahia Inglesa, qui faisait de sa maison un lieu d’art « alternatif » où nous avions pu admirer les œuvres d’un ex prisonneir politique Péruvien fan de Ben Laden… Connaissant Manu Chao et sa troupe depuis 10 ans, il faisait partie du staff pour la tournée. Il nous le dira simplement, sans en rajouter. Son pass « all access » confirmant ses dires… Merveilleux continent où connaître des gens connus et fortunés n’empêche pas de rester humble et de militer à son niveau…

 

 

 

Nous aurons un regret à la fin de ce périple : ne pas avoir pu mieux découvrir la fabuleuse culture Mapuche. En militant infatigable, Manu Chao fera d’ailleurs monter sur scène une femme Mapuche qui expliquera au public la répression que subit son peuple par l’Etat centralisateur Chilien. L’histoire se répète sur les chemins de l’Amérique Latine : comme les zapatistes et d’autres, les Mapuches revendiquent le droit de pouvoir exprimer leur culture et s’organiser comme bon leur semble, à côté de l’appareil uniformisateur de l’Etat-nation. Un combat difficile, presqu’impossible. Les Mapuches furent le peuple qui aura le mieux résisté aux Espagnols, se battant presque jusqu’au dernier. Après ce quasi-génocide, difficile de se relever et de s’organiser. Mais ils le font quand même…

 

 

 

En tout cas, durant cette soirée, on avait pris de l’énergie pour continuer sur les routes des Amériques pendant encore au moins 9 mois… Mais que voulez-vous, on n’a pas le portefeuille de vous savez qui…

 

 

 

On s’est donc résignés à penser au retour. « Heureusement », nous avons vécu ces derniers jours avec un autre ami de Lélé, qui nous aura bien préparé à la dure réalité de la vie occidentale. Sortant de l’ESSEC, école de commerce prestigieuse apparemment, il a déjà tout vu et sait tout sur tout. Il ne parle donc pas, il professe. Imbu de sa valeur, bourré de certitudes, ce type nous est insupportable. Les amis de nos amis ne sont pas forcément nos amis…. Il n’a jamais travaillé, à part un stage à la Bourse de Paris, mais veut apprendre la vie à qui veut l’entendre. A 24 ans. Dans un 30 m2, difficile d’ailleurs de ne pas l’entendre….

Ainsi, il sait déjà que « la Bolivie n’attend qu’une chose, c’est de rentrer dans la société de consommation pour sortir de la misère. De toute façon, il n’y a que le capitalisme qui peut sauver les pays sous-développés. » Et aussi, après une semaine passée au Chili : « il n’y a pas de misère ici. Les gens sont riches ». Alors qu’il sait par ailleurs que le salaire minimum est de 150 euros – dans un pays où un appartement de 30m2 se loue environ 300 euros.

Ca ne le dérangera pourtant pas d’aller écouter un altermondialiste comme Manu Chao. A la fin du concert, à un feu, un petit jongle avec des balles, pour gagner quelques piécettes. « Ah ben comme ça, il va pouvoir s’acheter des magazines de cul ».

Merci camarade. Tu nous auras fait, malgré toi, une leçon de connerie à l’occidentale… La réadaptation sera sûrement moins dure.

Evidemment, on sait bien que tous les Français ne sont pas comme ça. Et que si vous continuez à lire notre blog, c’est que vous êtes forcément des gens brillants…

Bon, trêve de plaisanterie, ça va nous faire grand plaisir de revoir ce qu’on aime. Mais on verra forcément ceux qu’on aime pas aussi…

 

 PS: Finalement, après concertation avec notre ami Lélé, à 4 heures du matin, il y a rectification à faire: notre camarade de la haute finance n'est pas son ami. Genre de Michel Blanc qui lit Challenges et Investir, il s'incruste chez ceux qu'il apelle ses potes. Dans ce monde de l'apparence, on peut aussi s'inventer des amis...

 

 

 

 


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Par Kat

le 28/11/2009 à 21:44:04

Salut à vous !
C'est géant ça un concert de Manu Chao en tant qu'expat' !

Vous savez, vous n'êtes pas seuls bretons, exilés, loin de là
Je vous envoie un lien sur face de bouc', y'a des photos surprenantes de bretons partout dans le monde !!!
http://www.facebook.com/home.php#/pages/Partout-ou-tu-vas-tu-croises-toujours-un-Breton/262727010460?ref=mf

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Par la coste armoricaine

le 29/11/2009 à 23:39:34

très bonne description de mr ESSEC. J'aurai pas fait mieux.lol....et oui ya des cons partout. Et vous en avez vu des tas pendant votre périple. Bonne rentrée. J'ai été ravie de vous rencontrer. Bonne chance pour le retour. Je vous enverrai des news du Pérou. besos

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Par la grande cous syl

le 30/11/2009 à 11:24:43

Dernier commentaire, snif. Ce fut un délice de vous lire ces derniers mois. Le récit en life devant une bonne "britt" devrait être tout aussi passionnant. Bon retour et profitez a fond des qq derniers instants d'aventuriers. Cela dit je ne vous donne pas long pour repartir vers de nouveaux projets car on ne sort pas indemne d'une expérience comme la votre. Le retour va être dur. Bisous et a+

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