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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Argentine
Date du message : 28/10/2009
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 Peligrosa Boca

Nous voila bientot partis de Buenos Aires. Avec l´intention d y revenir. Car Buenos Aires aura eu plusieurs visages pour nous, des beaux... et des moins beaux...

Nous allons sans doute regretter notre petit hotel ici: surement le plus sympathique du voyage. Comme beaucoup de gens ici en Argentine, les employes aident avec plaisir les voyageurs, qui sont sans doute plus que des clients pour eux. Toujours le sourire, toujours prets a discuter, on a decouvert une facette de l Argentine grace a eux.

C est la-bas que nous allons rencontrer, le premier jour, le couple de voyageurs le plus paume qu on ait vu. Au depart, c est un employe de l hotel qui nous demande de faire les traducteurs pour eux. Ce couple, venu de Franche Comte, ne parle pas un mot d Espagnol: ¨on vient d arriver ce matin et pffff... c est quand meme la galere...¨ ¨Et vous etes la pour combien de temps^" "Ben, on part en tandem faire le tour de l Amerique du Sud mais la, faut qu on sorte de la ville, et pfff... c est la galere, la". Nous apprendrons qu ils ont l habitude de faire du tandem, en France. Par contre, c est leur premier voyage a l etranger. Ils n avaient jamais quitte la France avant. Un sacre trip. Mais on a peur qu ils ne soient pas franchement prepares. Ils passeront presque deux jours a Buenos Aires, payant la chambre, les repas... sans savoir le taux de change euro - pesos Argentins... Un peu limite quand meme pour qui veut jouer les aventuriers. "Et puis on part vers la Patagonie. Vous pensez qu on pourra dormir en tente". Pas gagne tout ca...

A Buenos Aires, la misere se voit un peu partout. Beaucoup de sans abris, de clochards, de gamins dormant torses nus sur les trottoirs. La capitale, gigantesque, regroupe plus de la moitie de la population de ce pays pourtant immense. Paris, a cote, est un modele de decentralisation. Aussi, toute la richesse se concentre ici, et donc, car le monde est ainsi fait, la pauvrete aussi...

Dans ce contexte, chacun s en sort comme il peut. Un nouveau metier est apparu avec les nouveaux distributeurs de tickets dans les bus. Ceux-ci n acceptent seulement des pieces de monnaie, et le chauffeur n a jamais d argent sur lui, question de securite. Comme la monnaie est assez rare - seulement les centimes et les pieces de 1 Peso - certains en ont profite pour en faire un business: contre un billet de 2 Pesos, je te donne 1.80 de monnaie pour payer ton bus et le service coute 20 centimes, merci bien... Tout ca encourage par l entreprise de bus local. "Tout est possible en Argentine" nous resumera Sebastian, un des employes de l hotel.

Dans cette immense metropole, nous voulions par dessus tout visiter le quartier populaire de Boca, surement le quartier le plus beau d Argentine et le berceau du club de foot mythique de Boca Juniors, ou Maradona a commence a enchanter les foules. On s en souviendra de ce quartier...

A peine arrives, nous apercevons un quartier bien anime: Boca la populaire est devenu ces derniers temps un vrai repaire a touristes. Nous le savions. Comme d habitude, nous avons voulu sentir l ambiance un peu plus loin que ce qu on veut bien nous montrer. Pour la premiere fois du voyage, nous le regretterons.

A peine arrives dans une rue adjacente - d ailleurs tout aussi belle que les "rues a touristes" - un jeune s approche de nous: "file ton fric ou je te tue". Le type bredouille ca, vraiment pas sur de lui. Il a la main droite dans son short mimant d y cacher un flingue. Incredule, moi, Gwendal, je lui fais repeter. Il se fait encore un peu plus incertain et nous repete la meme chose et commence a mettre la main sur notre dernier appareil photo. Ben non, pas ca quand meme! Je lui reprends l appareil des mains pendant que Celine lui file son porte-monnaie. Finalement assez satisfait, le type commence a s eloigner. Tout ca ne fait quand meme pas tres pro. Je reviens vers lui, lui prends la nuque et lui sors la main de son short - qui sort sans flingue evidemment. Alors que j essaie de reprendre le porte-monnaie, le type se debat. A cote, Celine crie d arreter tout ca, des voisins passent sans rien dire ni reagir: ici, on ne s occupe que de ses problemes. Au bout de 10 secondes de chamaillerie, il est temps de le lacher: dans ces quartiers, les copains ou les grands freres peuvent arriver vite fait. Le type fait alors semblant de me poursuivre, met la main dans son short et me vise... avec son telephone portable avant de s enfuir dans l autre sens... Heureusement pour lui que le ridicule ne tue pas, sinon, c est lui qui serait mort sur le coup!

Ce n etait pas un moment d inconscience de ma part. Dans d autres situations, j aurais donne mon slip s il le fallait. Juste ce sentiment que l adversaire n etait pas tres sur de lui...

Dans l histoire, nous aurons perdu l equivalent de 18 euros, plus un porte-monnaie Mexicain decousu. Vraiment un moindre mal et une bonne nouvelle: on continue a faire des photos, malgre tout!

Cet evenement confirme en tout cas ce qu on nous avait dit - notamment notre ami Tommy Becker: en Amerique Latine, c est a Buenos Aires que c est le plus chaud. Quelque chose a mediter quand meme: c est dans la ville la plus occidentalisee de l Amerique Latine hispanique qu il y aurait le plus de violence. Notre societe de l ultra-consommation, couple a des inegalites monstrueuses, genere avant tout une enorme frustration. Une frustration qui n existe pas forcement dans des societes plus traditionnelles, ou d autres valeurs sont predominantes, comme en Bolivie, ou la misere a tout de meme un visage plus tragique. La dangerosite d une ville, un pays, ne serait pas proportionnel a sa misere mais plutot a son degre d integration a cette societe de l ultra consommation. On ne rigole pas: il s agit de notre experience. Nous nous sommes ballades sans aucun risque a Carthagene, a Quito, a El Alto, a Cochabamba, a Tijuana.... Et nous ne sommes pas un cas isole car plusieurs personnes nous avaient prevenus des dangers de Buenos Aires.

A part ca, Boca est tres joli... Des maisons toutes colorees, des danseurs de tango qui animent les ruelles... Mais comme il ne faut pas s eloigner du coin a touristes, ce quartier perd beaucoup de son charme. Il n empeche, le temple du fanatisme Maradonien, c est bien ici. D inombrables statues a l effigie du "Pibe de Oro" jalonnent les rues. On comprendra ce fanatisme en apprenant l histoire du quartier: il fut construit par des immigres Italiens, dont beaucoup de Napolitains et de Genois. A la fin du 19eme siecle, une immense greve generale paralyse le quartier. Les habitants proclament alors "la Republique independante de Boca", en affirmant que "les Argentins n ont pas a se meler des affaires des Italiens". Le President de l epoque viendra calmer le jeu mais cette identite reste aujourd hui encore la fierte du quartier. Alors, quand Maradona, au sommet de sa carriere, decide d aller jouer a Naples, qui se morfondait dans le bas du classement du championnat Italien, ce sont les racines de Boca qu il reveille. Apres avoir illumine le club de Boca, il hissera le Napoli a la plus haute marche du podium du Calcio, le championnat d Italie.

Dans les boutiques de Boca, aujourd hui, des posters a l effigie de "Dios" porte ce message: "un jour, tes petits enfants te demanderont qui etait Maradona"....


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Par grand jé

le 28/10/2009 à 22:06:14

tu m'étonnes qu'il avait pas l'air sûr de lui.... il avait bien senti qu'il avait à faire à un grand champion de gouren jamais rencontré avant!!!!

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Par Erwan

le 13/11/2009 à 18:35:35

Ca me vient avec du retard. Vos Francs-Comtois me rappellent tout d'un coup un couple père-fils qu'Anne-Marie et moi avions rencontré en plein milieu du Sahara et qui faisaient le Paris-Dakar... en Coccinelle !... Au fond, à chacun son exploit, mais on peut craindre pour eux quand même.
A plus Erwan

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Par la grande cous syl

le 13/11/2009 à 19:09:10

Enfin j'ai free mais j'ai pas encore tout compris!Des news du front plouguernéen sous la tempête: cette semaine on a fêté entre les différents anniversaires les 20 ans de la chute du mur de berlin, on n'est pas allé à la campagne de masse de vaccination contre le virus alibi pour tenter de faire oublier aux français que la crise économique est bien là, on se prépare (enfin pas moi mais les footeux) à prendre notre raclée avec la vague verte des irlandais et ce soir vendredi c'est apéro car tat syl et super petite cousine luce passent à la télé!! bisous et AU TRES GRAND PLAISIR DE VOUS REVOIR

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