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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Chili
Date du message : 24/11/2009
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 L’ile de Chiloé, début de la Patagonie, fin du rêve

Nous sommes donc arrives au point le plus au sud de notre voyage. Il faut bien une fin a tout. Nous n’irons donc pas jusqu'à Ushuaia, qui de toute façon représente plus un symbole qu’autre chose. L’ile de Chiloé, détachée du Chili continental par quelques kilomètres de mer, est officiellement considérée comme le début de la Patagonie. Et on ne la voyait pas comme ca, la Patagonie. Elle avait même un petit air de déjà vu….

 

 Dans le bus, nous rencontrons un jeune natif de l’ile, Miguel Angel. Naturellement, comme cela s’est passe des dizaines de fois dans le voyage, c’est lui qui engage la conversation. Miguel Angel termine son lycée actuellement – ici, les années scolaires se terminent en décembre. Il est assez préoccupé car l’année prochaine, il devra quitter son ile pour poursuivre ses études. A Chiloé, on est attaché viscéralement à sa terre natale. Ici, il y a dans l’air un esprit identitaire bien différent du reste du Chili. Et pas seulement ca d’ailleurs : sur ce bout de caillou, il pleut. Tout le temps. Ca vous rappelle quelque chose ?

Notre jeune étudiant ne nous parlera pas que du climat : « ici, il y a beaucoup de légendes, notamment sur la mer car les habitants d’ici sont pour la plupart marins. Mais pas seulement : une légende raconte qu’un monstre d’ici kidnappe les plus jolies filles de l’île et leur fait des enfants, qui sont tous très laids ». On continuera le voyage en évoquant nos deux pays, la Bretagne et Chiloé, qui ont sans doute beaucoup de choses à se dire. Mais au fait : serait-ce la pluie qui est propice à ce point au développement de l’imagination des gens ? Ou la mer ? ou les deux ?

 Ici aussi, le peuple originel, des Mapuches, ont été confisqués de leur culture pour le développement de la « civilisation » sur l’île : « aujourd’hui, peu de gens parlent encore la langue d’ici. Ca se perd. Moi-même je ne la parle pas ».

 

Le sort nous aura donc réservé pour notre dernière étape le coin de l’Amérique Latine qui ressemble le plus à notre chère Bretagne. Ce sera donc un retour en douceur…. On a pu se réacclimater a la pluie, du petit crachin à la grosse averse. Enfin, acclimaté… « c’est chiant, ca endort, c’est pas motivant !!! » jurera Céline plus d’une fois. Le retour est pas franchement gagné….

 

Evidemment, vous l’aurez compris, Chiloé est une île merveilleuse, malgré le climat. Un décor verdoyant, une ambiance de port de pêche et, en prime, ce que la Bretagne n’a pas : des fjords au loin, sur la Patagonie continentale…. Nous serons restés quatre jours sur l’île avec, fait exceptionnel, un jour sans pluie. « Le printemps aura duré un jour cette année » nous diront les gens du coin, un peu désespérés. Charles Darwin avait fait une escale ici lors de sa grande étude sur l’origine des espèces. En bon Anglais qui s’y connaît, il avait précisé dans son journal que Chiloé « devait être le pays où il pleut le plus au monde ».

 

En prime, nous avons logé dans une chaleureuse auberge, tenue par deux Luis, père et fils. Nous retrouverons après nos randonnées la chaleur agréable du poêle à bois. Nous y ferons aussi de belles rencontres : Jon et Bertille, un couple Basco – Néo-Calédonien, journaliste et photographe, ont commencé leur périple depuis deux mois. Nous passerons une bien belle soirée au coin du feu, à discuter et échanger de l’Amérique Latine, la Kanaky, la Bretagne et le Pays Basque… D’ailleurs, un journaliste et une photographe, ça donne forcément un blog sympa. Vu que le notre devrait fermer ses portes d’ici peu, on vous file l’adresse pour continuer à voyager : www.jonetbertille.com Vous verrez, les photos sont incroyables…

A l’auberge, nous aurons aussi rencontré James, un Canadien de Vancouver. 19 mois de voyage, un diplôme d’instructeur de plongée sous-marine en poche. Ca aide et ça permet de bien triper : « j’ai travaillé 7 mois aux Galapagos. Là-bas, ils recherchent beaucoup de diplômés de plongée sous-marine qui parlent anglais. Les gens qui vont sur cette île reviennent souvent sans argent. Moi, j’ai gagné de quoi prolonger le voyage ». Il nous montrera aussi ses magnifiques photos de « l’autre monde », celui de l’océan, qu’il a pu faire grâce à son appareil photo aquatique. Le retour, il n’y pense pas : « je vais me renseigner pour continuer la route australe vers le sud de la Patagonie. Après, j’irais bien en Afrique ou a Tahiti. Ils recherchent des instructeurs de plongée un peu partout ». Bon vent alors, James !

 

Après notre dernier long trajet en bus, nous sommes donc arrivés aujourd’hui chez notre ami Lélé, à Rancagua, au centre du pays. Le départ est prévu pour lundi prochain, direction…. Barcelone pour un retour en douceur. D’ici la, une belle surprise, bien symbolique, nous attend…

Lorsque nous avions quitté Lélé la dernière fois, Gwendal lui avait demandé si le Mercurio, le journal le plus lu ici, était intéressant. En arrivant dans un pays, on aime bien voir la qualité du journalisme, cela dit souvent beaucoup de choses sur le pays, sa situation économique, sociale et d’alphabétisation. « Bof, nous avait-il répondu, je préfère La Tercera ». OK : arrivés au terminal de bus, on achète donc la Tercera. Et là, ô surprise, en dernière page, qui ne voit-on pas ? Une photo d’un certain Manu Chao, pour l’annonce de son concert à Santiago le 26 novembre…. Soit trois jours avant notre départ. S’il y a bien un artiste Français – mais est-il vraiment Français ? – qui représente l’Amérique Latine, ses convictions et sa façon d’être, c’est bien lui. Roule pour un concert de trois heures (c’est son tarif minimum) dans une ambiance Latino dont on se souviendra sûrement longtemps. Merci Lélé et merci Manu !


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Par Jon

le 27/11/2009 à 02:16:28

bon vent les amis Bretons.
vous ramenez en Bretagne les souvenirs d'une folle expérience, riche de rencontres et de luttes.
merci de nous avoir fait tant rire (surtout avec le mec de la bibliothèque ambulante) et de nous avoir parlé d'aussi belles choses que celle du Mouvement des Sans Terres.
A bientot, j'en suis sûr.
Jon

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