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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Bolivie
Date du message : 26/09/2009
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 Frontiere de la tendresse

Apres ce si beau et accueillant village de Tiwanaku, nous avons decide de continuer vers l’ouest, c’est-a-dire un retour vers le Perou. Cela nous aura occasionne  un passage de frontiere inoubliable…

 

Il faut dire que, triples buses que nous sommes, nous n’avons pas verifie le tampon mis par le douanier sur nos passeports a l’arrivee en Bolivie. Il faut dire qu’a l’epoque, on n’avait d’autres preocupations, notamment la sante de Gwendal. Il nous paraissait donc evident que nous avions une autorisation de trois mois sur le territoire Bolivien, comme la loi nous y autorise.

 

En Bolivie, foin de loi et d’evidence… Arrives au poste frontiere, le douanier tique: il nous montre le fameux tampon, qui nous autorise a un mois seulement de presence en Bolivie. Nous lui retorquons que le douanier a du se tromper car tout le monde a normalement trois mois. “Ah ben non, le douanier n’a mis qu’un mois, vous n’aviez le droit qu’a un mois”. On comprendra que ces petits malins ont toute latitude pour decider la duree du sejour. “Si vous vouliez prolonger le sejour, il fallait vous rendre a l’office de la migration a La Paz, nous explique doctement un deuxieme douanier. Mais la, vous avez depasse de 21 jours, vous devez donc payer une amende de 14 bolivianos (1.4 euros) par jour depasse chacun”. Une bande de petites fripouilles ces douaniers, pensons-nous…. On essaie de parlementer en faisant comprendre que nous sommes dans notre droit. “Ah oui, mais la, c’est marque 30 jours, hein, on est d’accord…”.

 

 

Pour nous, il est hors de question de payer une telle somme. Les douaniers le savent bien. Commence alors une delicieuse piece de theatre dont nous serons les victimes peu maltraites, il faut le dire. Nous commencons a negocier, en faisant comprendre a un premier douanier que nous sommes disposes a payer, un peu. Refus categorique de celui-ci. La loi, c’est la loi.

Un deuxieme nous demande de nous approcher. Lui voudrait bien nous aider, mais il n’a pas le pouvoir de le faire. “Allez demander a mon collegue la-bas” nous conseille-t-il. Celui-ci nous ecoute, fait mine de nous comprendre, mais non, decidement, on ne peut contrevenir comme ca a la loi.

 

Cela fait bien trois quart d’heure que nous essayons de trouver une solution, en vain. On s’apprete donc a repartir, la mort dans l’ame, vers La Paz pour expliquer notre cas. Les douaniers le sentent bien. Un quatrieme nous demande de nous approcher. D’un air solennel, il nous explique: “bon, nous sommes disposes a vous aider. On peut faire quelquechose pour vous mais il faut nous montrer des signes de tendresse et de reconnaissance”. Pendant un quart de seconde, une pensee nous traverse l’esprit: voudraient-ils qu’on les paie en nature? Finalement non: nous deposons sur le bureau l’expression la plus romantique de notre tendresse, a savoir quelques billets de banque, qui disparaissent aussitot dans le tiroir. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’ecrire, la fine equipe de douaniers “rectifie” le premier tampon recu un mois et 21 jours avant et nous rajoute un deuxieme tampon, sesame pour le Perou.

 

En Amerique Latine, les flics peuvent, comme tout autre corps de metier, demander un pourboire – ou une tendresse – pour un service rendu, meme si cela engendre un petit ecart avec la loi. On peut appeler ca de la corruption aussi… Avouons qu’elle n’est pas trop mechante pour le coup.

Et puis, il faut bien qu’ils s’amusent un peu, ces douaniers qui s’emmerdent severe a etre a 15 pour tamponner deux passeports sur une frontiere deserte…. Alors que nous sommes installes dans une gargote du cote Perou avant de repartir, nous entendons un groupe nous interpeler : ce sont nos amis les douaniers, tout sourire, qui nous font un clin d’oeil genre: “on s’est bien marres quand meme, hein?” Inoubliable…

 

Finalement, nous sommes donc bien arrives a Puno, au bord du lac Titicaca. Puno, que nous avions deja visite, n’a peut-etre pas trop d’interet pour le touriste lambda, mais elle nous plait cette ville: populaire, construite de maniere aparemment anarchique, elle est toujours pleine de vie avec ses marches qui s’etirent a l’infini.

Nous partons le lendemain pour l’ile de Taquile, l’ile surement la moins touristique du Lac Titicaca. Finalement, la compagnie de bateau qui nous y emmene fait un bref arret aux ils d’Uros. Cela nous permettra d’apprecier la difference…

Au depart, les Uros sont un peuple vivant au bord du lac Titicaca. Lorsque les envahisseurs espagnols arrivent, ils refusent de se soumettre. Chose incroyable, ils decident alors de se refugier sur le lac et… y construisent leurs iles. Les iles d’Uros sont des iles flotantes, produites par la sedimentation de roseaux speciaux. Aujourd’hui, ces iles ont 19 metres de profondeur et sont retenus par des ancres, comme des bateaux. Ce peuple incroyable a ainsi vecu des siecles, vivant de la peche principalement, en devant sans cesse entretenir le sol de leur ile et reconstruire leur maison tous les deux ans.

 

Pourtant, nous allons etre effrayes par ce que nous allons voir: des dizaines de bateaux comme les notres stationnent a proximite des iles. L’archipel artificielle semble totalement envahie de touristes, certaines agences de voyage, confondant folklore et culture, proposant meme a certains touristes de se “deguiser” en Uros avec leur costume traditionnel. Pitoyable…

Nous allons rester une demi-heure sur une de ces iles, assez mal a l’aise. Ce peuple, qui a resiste de la plus belle facon a l’envahisseur a capitule devant un autre: le tourisme de masse. Certes, cela leur permet surement d’acheter des legumes sur les marches de Puno, de vivre mieux… Mais jusqu’ou le tourisme peut-il aller? Ce peuple de chasseurs et de pecheurs est devenu un peuple consacrant la majeure partie de son temps a un artisanat basique, qui ne reflete pas leur culture specifique.

 

A cote, l’ile de Taquile sera un havre de paix pour nous. La population de l’ile gere elle-meme un tourisme qui parait vraiment communautaire. Aucun hotel a Taquile: vous etes heberges dans les familles, qui accueillent a tour de role les touristes de passage. Nous nous promenerons toute une journee sans croiser un autre etranger. L’ile par ailleurs est magnifique, avec ces chemins et ces barrieres en pierre qui tiennent on se demande comment.  C’est la famille de Hilda qui nous accueillera, de facon tres gentille. On regrettera quand meme de ne pas avoir pris les repas avec eux: surement du fait d’une timidite excessive, Hilda et son mari osaient a peine nous parler…

 

 

En tout cas, après avoir visite cette merveille, nous avons decide de ne pas visiter d’autres iles du lac, de peur d’etre decus et envahis par les autres touristes.

 

Nous sommes donc revenus a la frontiere de la tendresse. Les douaniers sont maintenant de vrais copains: “ah ben alors, de retour?”. On discutera tres cordialement le bout de gras, en leur racontant notre voyage. On explique a l’un d’entre eux qu’en France le salaire minimum est a peu pres l’equivalent de 10000 bolivianos. “10000 bolivianos” ne cesse-t-il de repeter. Il en pense encore, a coup sur…


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Par seb

le 27/09/2009 à 11:55:13

L'ile des Uros ou plutot "Urosland". Il faut quand meme savoir que la dernière "vraie" Uros est décédée en 1959. Les personnes qui "vivent" ou plutot accueillent les touristes sur ces iles flotantes ne sont donc pas des décendents des Uros mais des indiens aymaras qui ont compris qu'il y avait de l'argent à se faire avec le tourisme. De plus c'est le président Fujimori qui a incité les Uros à se rapprocher de Puno afin qu'ils s'ouvrent au tourisme.

A côté, Taquile est un endroit splendide, authentique, je suis bien d'accord avec vous.

Bonne continuation, continuez à nous faire rêver et voyager.

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