Kikooboo en français ! Kikooboo in english !
  Dans ce carnet
  

Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
    Envoyer un message
Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Equateur
Date du message : 07/07/2009
Diaporama des photos de ce message
  Imprimer


 Ecuador, lluvias 1000

Bon, c est vrai, c est pas joli joli: on a ete mesquin sur le dernier message. L Equateur est un tres beau pays ; nous avons des amis qui l ont visite et l ont adore. Mais c est ainsi: il y a des circonstances qui font qu on tombe amoureux d un pays ou pas…

 

Pour nous, ces circonstances furent d abord les conditions climatiques. L Equateur, c est un peu comme la Bretagne: a cette epoque, il devrait faire beau et ils ont un temps pourri. Et comme en Bretagne, ca handicape pas mal quand on veut comme nous explorer la nature.

 

Nous avons ainsi ete dans les montagnes andines. Au milieu de nulle part, nous avons ete heberge par une vieille dame dans une hutte en paille attenant a son restaurant. Autour, l environnement etait fabuleux: pour etre tout a fait objectif, c est presque aussi beau que les monts d Arrees.. Plus serieusement,   il y a un cote mystique qui ressort de ces majestueuses montagnes et des gens qui y habitent.

Pour nous, cette decouverte fut associee a la redecouverte du froid: un froid polaire, sous une pluie qui fait parfois semblant de s arreter mais c est toujours pour blaguer (comme les Monts d Arrees on vous dit). Apres la Colombie, le changement climatique est radical! Sous ce climat hostile, le mode de vie des indigenes est quand meme une lecon de vie. Delia, la vieille dame qui nous hebergeait, passe ainsi ses journees dans sa maison… glaciale. Le bois est rare ici, et ils ne peuvent pas se permettre d avoir constamment un feu de cheminee… Quand Delia sort sous la pluie, elle se couvre simplemente d un chale en laine. L impermeable est une denree tres rare ici…

 

Nous avons quand meme pu se ballader sous la pluie – pour ne pas renier notre identite bretonne. Mais a 3500 metres d altitude, quand il ne fait pas beau, les nuages cachent rapidement le paysage. Le soir, c est sous 5 couches de couverture que nous avons passe la nuit la plus froide de notre sejour, dans notre magnifique hutte, colle a flanc de montagne.

 

Ce tour en montagne nous a permis de decouvrir l identite indigene, tres fort ici. Beaucoup de maisons arboraient un magnifique drapeau arc-en-ciel. Nous comprendrons qu il s agit du drapeau du parti indigeniste Pachakutik, tres actif dans les Andes. Un peu plus tard, a Riobamba, nous sommes tombe sur le congres du mouvement indigene de la Province. A l entree, un homme nous explique les raisons de ce mouvement: “ Nous nous battons pour que le pouvoir Equatorien respecte notre forme d organisation collective. Il s agit aussi de developper notre langue, le Quechua, qui est menace de disparition ici. Il y a quelques dizaines d annees, le pouvoir central a detruit les ecoles bilingues et les institeurs ont ete assassines.” Sous toutes les latitudes, il semblerait qu il faille se battre pour conserver ses racines…

Un des principaux objectifs pratiques du mouvement est de reconnaitre a chaque famille Equatorienne un acces a l eau, denree privatisee ici. Le mouvement propose ainsi une vrai gestion collective et “horizontale” de cette ressource en revendiquant un minimum vital gratuit pour tous.

Le combat est loin d etre gagne. Le President Correa se revendique revolutionnaire et fait copain-copain avec Chavez mais il ne prend pas pour autant en compte ces revendications naturelles des premiers peuples d ici. Une revolution sans attache culturelle risque fort d etre une revolution ratee…

 

Et a ce niveau-la, il y a quand meme un sacre boulot a faire. A Quito, nous avions assiste a un spectacle de danse traditionnelle gratuit, sur une place. Une vieille dame indigene etait a cote de nous. Elle explique a Gwendal l origine de ces danses. Avant de rajouter: “Tu vois, les femmes qui dansent sont blanches, comme vous. Ici, la municipalite refuse que ce soient des femmes Quechua comme moi qui se produisent en public”. Nous sommes atterres, et la faisons repeter trois fois pour etre sur d avoir bien entendu. La vieille dame regarde le spectacle avec envie, comme si elle voulait etre a leur place… Pour ceux d en haut, la riche culture Quechua est reduit a un vulgaire folklore, et il est meme malseant que ce soient leurs heritiers qui le presente. Nous partons de ce pseudo spectacle culturel degoutes…

 

Nous avons donc pris la route – vous aurez comnpris, beaucoup d heure de bus dans ces montagnes, heureusement que JC Vandamme nous divertissait – pour arriver a Cuenca, la plus belle ville du pays. Cette ville est effectivement magnifique. Le premier jour, nous rencontrons un groupe de musiciens repetant en plein air, dans un parc. Meme quand il ne fait pas chaud et beau, ici, les gens vivent dehors, s amusent dehors et repetent dehors. Un mode de vie vraiment agreable et pour le coup, cela nous a permis de decouvrir de fabuleux artistes.

Nous retournons les voir se produire dans un petit bar le lendemain soir. Il s agit en fait de deux groupes, un Colombien et un Argentin, qui se sont rencontres ici. Les Argentins veulent voyager jusqu au Mexique en se produisant et les Colombiens veulent faire la meme chose en descendant… Une vraie joie de vivre qu ils communiquent en jouant. Un des Argentins, Pablo, vient discuter avec nous. Il nous demande d ou venons nous exactement en France: “De Bretagne? Mais tous les Francais sont des Bretons ou quoi? Nous n avons reencontré que des Bretons durant notre voyage!” Le mythe du Breton voyageur est toujours vivace…


Note: 0/5 - 0 vote(s).

Syndication :

Par Cristobal

le 13/07/2009 à 02:59:07

Bon ca fait plaisir de voir que pour vous l equateur n est pas tout pourris non plus, on débute dans le trip mais je viens vraiment d apprendre (cf mon "ascension" du Cotopaxi) que parfois tout est histoire de chance, d etre au bon endroit au bon moment, pour ma part je trouve que cette non-maitrise des elements est reconfortante ca permet de relativiser et de voir que nous ne pouvons tout controler, pour ce qui est des guides c est clair que rien ne vaut les conseils des locaux ou autre voyageur que la critique d une personne dont on peut se demander sil est vraiment venu a l endroit qu il decrit. Pour l instant Lonely planet est assez fiable, pour info selui de Val (copine de Pico) ne mentionné plus l asso Ricancie)
Buen viaje, que les vayan bien

Répondre à ce commentaire

Laisser un commentaire







[ Diaporama ]


[ Diaporama
dynamique ]


[ Vidéos ]


[ Suivre ce carnet ]


[ Lire les derniers
commentaires ]


[ Le trajet de
Céline et Gwendal ]