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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Chili
Date du message : 20/11/2009
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 Du chaud au froid

Apres ce sejour memorable chez les Sans Terre, nous avons donc mis le cap vers le Sud. Comme on est de l’autre cote du monde, cap au sud signifie ici cap sur le froid. On est ainsi passe de 35 degres a 2 degres. Mais progressivement.

Nous avons ainsi fait une premiere halte a Posadas, a la frontiere entre l’Argentine et le Paraguay. Cette zone fut le lieu du developpement de ce qu’on a appele “l’utopie jesuite”.  Le terme utopie est sans doute exageree… Il n’empeche, pour l’epoque, ce qu’ont realise les peres jesuites ici, dut etre effectivement une sorte de paradis pour les pauvres indigenes, rendus esclaves dans les grandes proprietes des colons Espagnols et Portugais.

Venus avec la mission de “civiliser” ces peuples et de leur apporter la Verite, c’est-a-dire la Bible, les Jesuites ont en effet decides d’utiliser la methode douce. Chose incroyable pour l’epoque. Ils ont ainsi cree des villages qui reproduisaient d’une certaine maniere les communautes indigenes: ces derniers conservaient leur systeme politique, leurs langues – ce furent les Jesuites qui apprirent le guaraní – et une bonne partie de leurs traditions. Dans le domaine artistique, les Peres Jesuites ont egalement permis aux indigenes de s’exprimer, donnant un art baroque-guarani dans les eglises et un style musical unique.

Evidemment, l’idee derriere etait d’evangeliser ces masses d’ignorants, ne soyons pas trop naifs non plus. Mais a l’epoque, les guaranis etaient enroles de force dans les plantations, tentaient souvent de s’echapper mais se faisaient rattraper dans leur village par les mercenaires de l’epoque pour qu’ils retournent a leur condition d’esclave. Cette region jesuite, qui avait une relle independance sur ce territoire, etait donc un havre de paix pour les Indiens.  Un moindre mal de notre point de vue… Nous avons donc visite le site de San Ignacio Mini, le plus conserve de la region parait-il… Qui ne vaut la peine surtout pour les explications du guide.

La fin de cette belle histoire? Vous vous en serez doutes: le Vatican n’apprecia pas cette independance prise par les Peres Jesuites, qui ont finalement ete chasses du lieu. Les sauvages indigenes ne pouvaient meriter autant d’attention…

Apres ce passage religieux – le seul du voyage, il fallait le faire au risque de devoir passer a confesse en rentrant – nous sommes retournes a Buenos Aires, la belle, la grande, mais aussi la dangereuse. La-bas, nous avons nos habitudes: une auberge sympa, les bistrots sans age ou on ne se lasse pas de savourer le café con leche… Dans cette ville, malgre son immensite, ce trafic incessant, les habitants gardent un vrai art de vivre.

Ainsi, dimanche dernier, nous sommes tombes par hasard sur la foire du quartier de San Telmo. Un moment unique. Pour les Brestois, ce serait une sorte de Foire Saint Mich’ puissance 10, et surtout tous les dimanches… Les rues sont interdites aux voitures, et c’est un embouteillage joyeux de stands en tout genre qui les remplace. On trouve de tout a la foire de San Telmo, y compris de magnifiques groupes de musique, de vrais artistes qui gardent cependant cet art de jouer dans la rue, ou des danseurs de tango deployant leur art au milieu des rues... Pour des gens de la nature comme nous, Buenos Aires restera comme l’exception dans les capitales: celle-ci, on l’aime vraiment, avec ses bons et ses mauvais cotes.

A l’hotel, nous rencontrerons un autre Breton au nom de … Gwendal. Ca, ca ne nous etait encore pas arrives. Le temps pour les deux Gwendaux de partager la difficulte du peuple Latino a retenir ce prenom bizarroide…

Nous partagerons ensemble le fameux mate Argentin, cette art de vivre typique de l’Argentine. Ici, tout le monde a sa boule a mate, sa pipe et son thermos sur soi. Surement un peu lourd a porter mais ils doivent se sentir a poil sans ca… Les Argentins consomment du mate a longueur de journee. Mais ils le consomment bien: plus qu’une boisson, c’est un outil de communication, de contact social. Proposer un mate, c’est rentrer en contact avec quelqu’un. Une philosophie du partage ancree dans les mentalites.

Et l’Argentine, c’est aussi sa bonne viande. Beaucoup de viande. Enormement. Un soir, l’hotel propose un asado, c’est-a-dire un immense barbecue sur la terrasse. Nous comprendrons combien ils aiment la viande lorsque nous irons acheter notre part a la boucherie: le boucher nous montre un morceau de viande immense, plus d’un metre – ignards que nous sommes de la viande, nous serons incapables de dire de quelle partie du corps il s’agissait. Nous approuvons: “ben oui, la moitie de ca quoi”. Le type nous regarde un peu bizarre: ici, ce morceau, c’est le minimum syndical. Donc, a un asado, on mange bien. Meme l’estomac de Gwendal a ete rassasie.

A l’asado, nous rencontrerons Kardas, un Turc en voyage. Avec lui, nous retournerons le lendemain a la Colifata voir nos amis qu’on appelle les fous. Hugo, l’un de ceux-ci, on aimerait bien mieux le connaitre. Ce serait sans doute un vrai ami. “Sur Terre, il n’y a que les etres humains a etre mechants, a-t-il declare en direct. Mais, meme les moustiques, ils sont pas mechants: si ils te piquent, c’est qu’ils ont faim!”.

De Buenos Aires, nous partirons pour de bon vers le froid, histoire de se solidariser avec tous les amis Bretons et d’ailleurs dans le nord qui commencent a bien se couvrir en ce mois de novembre. Avant de partir, Kardas nous offrira un “oeil”, le porte-bonheur traditionnel en Turquie. Soi-disant, ca apporte la fortune. Vu l’etat de nos finances, ca nous interesse.

Finalement, ca nous aura porte chance d’une autre maniere. Le bus qui nous transportait jusqu’au Sud glacial et Bariloche organisait, a l’ancienne, un “bingo” pour faire passer un peu plus vite les 25 heures de bus. Eh ben, c’est Celine qui gagnera le magnifique trophee: une bonne bouteille de pinard Argentin! On la degustera le soir, avec pain, fromage et saucisson, histoire de feter avec nos (pauvres) moyens nos 9 mois de vadrouille.

Bariloche est le point de depart de la region des lacs, qui se trouve entre l’Argentine et le Chili. Une succession de paysages montagneux magnifiques… Du climat tropical d’Iguazu nous sommes ainsi passes au vent glacial et a un decor alpin. Les maisons  ici sont des chalets et la specialite est le chocolat. Un petit air de Suisse, la richesse avec: Bariloche est un haut lieu de la jet-set Argentine, trop huppe pour nos porte-monnaie troues. Nous allons ainsi quitte l’Argentine vraiment rik-rak: apres avoir fait les courses du pauvre la veille – ramper au supermarche pour prendre les articles les moins chers – il nous restera l’equivalent d’ un euro en poche le lendemain pour passer la frontiere. Passes justig donc, un peu comme l’equipe de France du magicien Ray Doch… Ici aussi d’ailleurs, les medias ont ete scandalises par la facon dont les Tricolores se sont qualifies a la coupe du Monde. Avec une evidente mauvaise foi du cote Argentin: criant au scandale pour cette main, qui en rappelle une autre, qui avait fait gagner une coupe du monde a ce pays. “Rien a voir, vous diraient les Argentins, il ne s’agissait pas d’un footballeur, c’etait Dieu”. Bref, aux quatre coins du monde, c’est la meme verite: Ray Doch est bien le plus mauvais entraineur de la planete… 


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