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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Bolivie
Date du message : 11/09/2009
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 Bonjour, je fais 64kg...

Quand quelqu’un fait un sport de combat et a en plus deja fait un regime, il sait souvent assez exactement son poids, instinctivement. Regardant avec effroi mon squelette, je me disais que j’avais du perdre 10 kg. Malheureusement, je ne m’etais pas trompe…

Ici, en Amerique Latine, le continent des mille petits métiers, la maniere la plus facile de se peser est de le faire dans la rue: des personnes, sur les trottoirs “louent” leur balance pour une piecette. Je m’y suis donc tente et ai entendu la dame, d’un ton peremptoire: “64kg!”. “Mauvaise nouvelle”, lui ai-je repondu…

 

Cela fait quand meme pres de deux mois que ces problemes gastriques perduraient. En tout, j’ai du rendre visite 6 fois a des medecins differents, qui m’ont tous donne a peu pres le meme traitement, a base d’antibiotiques, en disant que “ca ira mieux dans 5 jours”. Mais apres chaque coup de fatigue, c’etait la rechute.

 

Le sumum fut quand meme atteint suite a notre nuit inoubliable dans la cabine du chauffeur de bus, a essayer de trouver le sommeil assis sur le moteur. Suite a cela, nous sommes partis dans la ville-symbole de Potosí, a 4000 metres d’altitude. La-bas, je me suis litteralement traine, pouvant a peine manger et ne pouvant plus dormir, avec des douleurs d’estomac assez insupportables. Pour un etre humain normal, a Potosi, il est difficile de trouver l’oxygene. Pour moi, c’etait l’enfer. Au final, dimanche dernier, alors que nous avions nos billets de bus pour Cochabamba, nous decidons de rentrer directement a Sucre et son hopital. Il devenait meme difficile de porter mon sac. Nous prenons un taxi pour aller plus vite.

C’est dans ces cas-la que ca arrive: a 30 km de Sucre, la route est bloquee. Un rallye est organise et des bolides font joujou sur la route principale. Aucun Bolivien ne semble perturbe: c’est un contre-temps comme un autre… Et dans un pays ou la moitie de la route joignant la capitale economique (Santa Cruz) et la capitale juridique (Sucre) est en terre, inutile de demander un “itineraire bis”. Il faut attendre. Le chauffeur va se renseigner a la police : il faudrait attendre 4 heures que la course se termine. Petage de plomb… Pourquoi maintenant? Et pourquoi moi? Dans un etat de fatigue avance, la parano peut arriver vite…

 

Finalement, la route sera rouverte une heure apres. On se retrouve aux urgences. Prealablement, Celine, devenue une vraie infirmiere ces derniers temps, avait appele notre assurance et avait eu un medecin en ligne: “il faudra lui faire des analyses, lui avait-il dit, et surement lui mettre une perfusion”.

Le medecin rencontré n’aura pas le meme discours. Des cas desesperes, il a du en voir ici, ou on ne va chez le medecin souvent uniquement quand la situation est critique. Il me prescrit des analyses a faire en me precisant placidement que ca “prendra 3 a 4 jours”. Et en attendant? Je perds encoré 5 kg? Je suis oblige de mendier des vitamnines pour tenir le coup. Le medecin me les accorde en me repondant: “ah, ben oui, pourquoi pas!”.

 

La phase d’analyses au laboratoire de l’hopital sera assez cocasse. On comprendra vite le bordel ambiant qui y regne. On s’apercevra aussi des privileges que s’octroie une certaine classe bolivienne. Alors que nous etions arrives en deuxieme au petit matin, attendant avec un paysan du coin que le labo ouvre, un type en costard arrive et s’installe devant l’entree, avec son journal. Evidemment, quand les portes s’ouvrent, il s’octroie la premiere place. Nous protestons et disons aux infirmieres que le monsieur a cote de nous, l’humble paysan, etait avant le bourgeois. Ecrase par des siecles de servitude, le paysan hesite a se lever. Il parait gene. Non, ici, si quelqu’un d’une classe sociale superieure prend ta place, on dirait qu’il n’y a rien d’anormal… Devant notre indignation, les infirmieres nous font rentrer, moi et le paysan… pour refaire sortir le paysan deux minutes apres. Comme j’ai proteste, j’ai gagne ma place. Lui qui n’a rien dit attendra une demi-heure en plus, resigne. Encore une preuve de “l’arrogance des indigenes” dont on nous a bassine a Santa Cruz…

J’aurais aussi la joie d’etre un cobaye pour une etudiante infirmiere. Non pas qu’elle etait specialement jolie, mais elle a mis 5 minutes, montre en main, pour faire une prise de sang!

Au fur et a mesure des matinees d’analyse, on se rendra compte de l’inorganisation du service. En Bolivie, tout est incertitude. La sante publique aussi. On aura “oublie” de me prescrire une analyse par exemple. Et pour aller chercher les resultats, c’est pire: j’ai pu voir le prepose chercher dans 6 boites en carton diferentes ma fiche. Apparemment, le classement alphabetique n’existe pas non plus.

 

Finalement, je suivrais les conseils d’un petit vieux, rencontré par la reum (“en fait, il avait mon age” avouera-t-elle) qui lui dira d’aller voir un gastroenterologue.

La-bas, ce n’etait pas le meme decor: aucune file d’attente a l’entree, mais il y a une raison: a 100 bolivianos la consultation (10 euros), peu de Boliviens peuvent se payer ce service. Pour une fois, j’aurais l’impression que le medecin a le temps de m’ecouter. Il n’y a pas 10 personnes a attendre a 18h30, alors que le cabinet ferme a 19h par exemple, un cas vecu a Santa Cruz. Il m’annoncera que mes maux viennent de… l’avalanche d’antibiotiques delivres par les autres medecins, qui ont tue toutes les bacteries travailleuses de l’intestin. Plus precis que les frappes chirurgicales de l’armee US, ces antibio vous rasent tout gratis! Moi qui ai une mefiance naturelle – c’est le cas de le dire - envers la medecine chimique, je m’en etais remis a elle par depit… Ironie du sort, c’est cette chimie qui m’aurait mis au fond du trou…

 

Je ne peux m’empecher de me dire que si j’avais ete un Bolivien pauvre, comme la plupart d’entre eux, j’aurais continue indefiniment les prescriptions de ces medecins presses et surement peu qualifies. Et a chaque fois, le mal aurait empire. La Bolivie est un bon exemple de la medecine a plusieurs vitesses qui existent dans de nombreux pays: soit tu es riche et tu es soigne, soit tu es pauvre et tu creves… L’egalite devant les soins, qui est percu comme normal en France, est une chimere dans bon nombre de pays. Et meme chez nous, voila un acquis social menace, sous couvert d’un pseudo trou de la Secu gonfle par d’inombrables moyens…

 

Alors, on soutient Black Barack, traite de socialiste et meme de nazi (¡!!???) pour tenter de mettre en place aux Etats-Unis un semblant de securite sociale. Et restons tous vigileants pour que ce ne soit pas notre portefeuille, qui, en France aussi, decide de notre etat de sante!


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Par la grande cous SYL

le 15/09/2009 à 08:34:18

Brrrr!! tu fais un peu peur Gwendal... j'espère que ce régime forcé n'entravera pas votre périple. Au pays des légendes l'automne s'installe peu à peu et la morosité économique persiste.Raison de plus pour vous de profitez de votre liberté!

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Par Fred Poch

le 16/09/2009 à 19:56:28

Salut Gwendal & Céline aussi,

Putain, çà craint bientôt Gwendal pèsera le même poids que Céline (je sais çà se fait pas de demander le poids d'une femme, mais quand faut la supporter c'est différent, LOL)!

Plus sérieusement, j'espère que la médecine douce et parallèle voir tribale ou vaudou va réussir à chasser les mauvais esprits de ton corpus cortecus o cuerpo!

Sympa la période, crise, virus, H1N1 et pourquoi pas le retour de la vache folle et du Chickungugna tant qu'à faire!
Plus personne va vouloir sortir de chez soi ou alors on sera tous déguisés en fantomas avec des cagoules et autres masques de carnaval!
A Venise, on dirait bas les masques, mais là je crois qu'on est bon pour en porter d'ici peu!
En France, on est en Pandémie 5-A, reste encore la 5-B, après c'est la version 6 plus musclée nous obligeant à porter masques, gants, capote en tout genre, paratoux, parapostillon et paraconnerie verbale!

Allez Gwendal, accroches-toi, car j'ai entendu qu'un touriste qui a chopé le H1N1 n'a pu être rapatrié par Europe Assistance au risque de contaminer plus de personne dans l'avion et sur le territoire d'arrivée, que d'en sauver réellement, donc autant dire que Jésus Christ et la caravane passe s'applique! et que même si on crève à l'étranger, personne voudra vous rapatrier!

Donc prudence, même si c'est les vacancias, on a envie de te revoir en pleine forme et bronzé parmis nous!

Fred

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Par éricP.

le 20/09/2009 à 22:41:16

bien le bonjour
je dirai qu'une chose pour ta santé Gwendal en cas de doute reviens vite en france, déconne pas !
bisou éricP.

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