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Prénom Céline et Gwendal
Age 26
But du voyage Tourisme
Date de départ 18/02/2009
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Durée du séjour ?
Nationalité France
Description
Départ de Los Angeles, route vers le sud mais prêt à changer d'itinéraire au gré des rencontres
Note: 3,3/5 - 160 vote(s).



Localisation : Bolivie
Date du message : 21/09/2009
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 “Asi es Bolivia!” (c’est ca la Bolivie!)

Apres Sucre, nous avons file vers le nord, la ou, en Bolivie, il fait plus chaud. Cochabamba est la ville la plus plaisante du pays, selon beaucoup de locaux. Et c’est sans doute le climat clement qui attirent les Boliviens habitues aux temperaturas basses.

 

Cochabamba est, c’est vrai, une belle ville, ou les espaces verts sont libres d’acces. Ici, en plus, on peut s’asseoir sur les pelouses, signe fort d’hospitalite pour nous… Aussi, 70% des vehicules roulent au gaz, chose logique quand on sait que c’est la principale matiere premiere du pays, exporte aux quatre coins du globe. Ca ne resoud pas le probleme ecologique de la civilisation de la bagnole mais on peut respirer, chose exceptionelle pour une ville Latine!

Sur les hauteurs de la ville, un immense Christ en beton veille. Les Cochabambinos – quel nom original! – sont tres fiers de ce Christ qui, repetent-ils a l’envie, est “plus grand que celui de Rio!”. Bon, pour nous, rien d’exceptionnel, sinon un element de plus du fanatisme religieux, mais la visite permet d’avoir une vue exceptionelle de la ville et des montagnes qui l’entourent. Ca, par contre, ca vaut le coup d’oeil…

 

En arrivant a Cochabamba, nous sommes revenus dans la Bolivie “d’en bas” comme dirait Raffarin. Si une bourgeoisie n’hesite pas a montrer des signes tres visibles de richesse, la majorite de la population est pauvre, tres pauvre. C’est meme une misere qu’on a rarement vu dans notre sejour. En une journee, nous avons vu 4 jeunes, le regard hagard, se shootant a la colle au coin d’une rue. Le plus jeune devait avoir 8 ans. Un autre, de 14 ans environ, essayait de gagner une piece en proposant aux automobilists de “nettoyer” leur pare-brise avec un chiffon tout sale. Le pauvre tenait a peine debout… Lorsque nous l’avons rencontre, il etait assis par terre et s’est leve d’un coup, a fait un sprint pour s’arreter net, un peu affole. Hallucination d’un monde parallele. La drogue est le moyen de quitter un monde si merdique pour ces jeunes qui n’ont rien.

 Dans cette tour des miracles, un soir, vers 22h, deux filles de 4 ans “lavent” l’emplacement du stand de leur mere sur le trottoir: cette cerniere vendait des cachuetes et des biscuits. Les petites ramassaient les mientes que les passants auraient pu laissez, quelquefois se trompent et recrachent ce qui ne leur apparait pas mangeable….

Une autre, un peu plus agee, avait ete place la pour garder un autre stand de biscuit de ses parents, a la meme heure. Moment d’espoir et lecon de courage: la petite, en attendant le client, faisait consciencieusement ses devoirs. Peut-etre aura-t-elle la chance de ne pas avoir le meme destin que ses camarades de trottoir…

 

Pour prendre un peu l’air apres toutes ces villes, nous sommes partis une journee a Punata, ou se tenait ce jour-la le plus grand marche de la region. Un marche hallucinant, ou tout se vend et s’achete, dans un decor aux mille couleurs et une ambiance vraiment saine. Punata est aussi reputee pour la chicha, cette biere locale et (tres) artisanale, pour notre plus grand malheur… Les femmes la preparent en mastiquant du mais avant de recracher le tout: c’est ce qui servira de base a la liqueur a fermenter… Vu comme, ca, on est d’accord: c’est vraiment n’importe quoi de vouloir gouter ca. Mais on l’a fait. Et Gwendal a rechute. Son probleme reside dans un cercle vicieux: il est faible avec ses 10 kg (peut-etre plus) en moins, et est donc sensible a la moindre fatigue ou au moindre element non identifie. Donc il rechute. Donc il perd encore des forces… S’en est suivi 5 jours tres difficiles. Aujourd’hui, ca va mieux, mais nous prendrons une decision dans une dizaine de jours sur la suite a donner a notre voyage. En attendant, on profite de chaque moment…

 

Et nous en avons vecu, des bons moments, dans notre destination suivante, Tiwanaku. Ce village restera pour nous a plus d’un titre symbolique de cette Bolivie aux multiples visages.

Tiwanaku est connu pour ses ruines et son temple datant de la civilisation du meme nom, plus ancienne que celle des Incas et tellement riche. Ils furent notamment de vrais prodiges dans le domaine agricole, inventant les fameuses terrasses de culture, dont on donne souvent la paternite aux Incas d’ailleurs. Ils decouvrerent aussi les premiers quelquechose qui revolutionnera la cuisine dans (presque) le monde entier: la patate! Et ce, evidemment, bien avant que l’europe n’en fasse tout un hachis avec Parmentier.

 

Tiwanaku se situe dans l’Altiplano, une region absolument merveilleuse, ou de grandes etendues jaunes et vertes s’arretent sur de majestueuses collines. Au loin, on apercoit des montagnes enneigees. Un peu plus loin, regne le legendaire lac Titicaca….. Le site archeologique est vraiment beau, avec des statues impressionantes, qui ont garde leurs gravures de l’epoque. Malheureusement, c’est aussi un endroit ou on se rend compte de la pauvrete economique actuelle du pays: par faute de moyens, la plus grande partie du site n’a pas encore ete decouverte… La Bolivie ne peut se payer d’archeologues qualifies et ce sont des locaux qui s’essaient a cet exercice tellement difficile et minutieux…

 

Le lendemain matin, nous avons decide de nous lever avant l’aube, pour tenter d’admirer le lever du soleil dans ce fabuleux décor. Un exercice difficile: dans les petits hotels, tout est ferme a triple tour quand les employes sont en train de dormir. On a donc du escalader la grille pour trouver la liberte. On ne le regrettera pas et on n’oubliera jamais ce qu’on a vu. Un lever de soleil, c’est toujours une ceremonie quelque part, le film de la Nature qui s’eveille. Mais ici… quel spectacle extraordinaire! Nous avons pu voir ces paysages magnifiques changer progressivement de couleur pour retrouver le jaune vif de la veille. Peu a peu, on distinguait les formes des collines qui se dessinaient suite a l’obscurite. Nous avons meme ete en haut de l’une d’elle : de la-haut, nous avons pu admirer le village, ces etendues jaunes, le Lac au fond et des monts enneiges au loin. Inoubliable…

 

Tiwanaku aura aussi ete la terre symbole des paradoxes de la Bolivie, entre une culture ouverte sur les autres et une haine des occidentaux, ceux qui ont etouffe leur culture et les ont reduit a la misere.

Nous avons eu la chance d’arriver la-bas le Limache, tour du marche, du match de foot et de l’apres-midi – biere entre amis… Le matin, au marche, une jeune fille tenait un stand avec sa petite soeur. En nous voyant, elle lui glisse: “attention, des gringos, ils vont te manger!”. La petite nous regarde, apeuree. Nous regardons l’auteure de ses mots, interloques. Elle ose a peine nous regarder, un peu honteuse. On ne peut croire que ces mots viennent (seulement) de l’esprit fertile d’une petite de 8 ans. Dans cette phrase, il y a tout le ressentiment d’un peuple envers leurs colonisateurs. Elle n’a pas forcement tort, cette petite: nos ancetres ont “mange” leurs aieux, les reduisant a l’esclavage et au reniement de leur culture.

Pourtant, le lendemain, en rentrant de notre ballade, 4 gamines font mine d’attendre au bord de la route. En fait, elles nous attendaient, nous. Elles voulaient simplement savoir qui nous etions. Les quatres soeurs sont guidees par la plus grande, Sonia, 10 ans. Sur le chemin de l’ecole, elles se tiennent toutes la main. Chez elles, aucune hostilite, bien au contraire. Timides mais tellement mignonnes, on leer posera plein de questions. C’est Sonia, en grande soeur responsable, qui repond. Apres l’ecole, “j’aide ma mere” dit-elle, sans chercher de reconnaissance. Elle veut devenir institutrice, ici, dans son village. On lui a donne rendez-vous dans 10 ans, dans sa classe d’ecole et sans Patrick Bruel.

 

La veille au soir, on avait visite le bourg, delaisse par les cars de touristes, qui rentrent tous dans la journee a La Paz. A cette heure, les esprits sont joyeusement emeches d’une après-midi – biere bien remplie. Depuis quelques heures, des groupes s’etaient formes au bord des routes et jamais loin des epiceries, fournisseures du breuvage… Un groupe nous interpelle, nous propose de se joindre a eux. Avec un coeur gros comme ca, ils nous paieront alegrement des verres de biere. Nous finirons l’apres-midi en leur sympathique compagnie – car, lorsque le soleil se couche, chacun retourne chez lui. On sentira vraiment une ambiance saine, une joie de vivre simplement, dans le lien social. A un moment, Gwendal doit refuser les verres de biere, dans la peur de rechuter une nouvelle fois. Mais ici, on est somme de s’expliquer. Il raconte donc qu’il a perdu 10 kg ici, en Bolivie. Eclat de rire general. Une femme rondelette, boute-en-train du groupe, fait son show: “Ah ben oui, la Bolivie, elle est reputee pour sa dietetique! Hamburgers, frites bien grasses, viande a l’huile, que du bon!” nous dit-elle en se grattant le ventre. La dame ne lui en voudra pas pour son affront: elle lui demandera de rester “pour qu’on se marit, oh, non, pour que tu deviennes mon dieu”. On refusera poliment l’invitation mais on n’oubliera pas ces moments de fraternite.

 

Le lendemain, en rentrant de la promenade, nous rencontrons un ancien, assis pres de sa maison. Lui aussi parait tres ouvert. “Vous avez ete en haut de la colline?”. A notre reponse affirmative, il nous demande s’il peut voir les photos. A son age, peut-etre ne peut-il plus faire cette grimpette. Alors qu’on s’appretait a les lui montrer, sa femme (ou sa soeur?) sort en furie de la maison: “partez d’ici, gringos de merde! Vous avez rien a foutre la!”. On essaie de lui expliquer que c’est son mari (frere?) qui nous a accosté. Elle ne voudra rien entendre. Nous sommes et serons toujours pour elle les heritiers des conquitadors.

 

“Asi es Bolivia” disent les gens d’ici. Entre rejet legitime de ceux qui les ont exploite et une culture portee sur l’echange. Magnifique Bolivie, avec ses deux facettes. On la prend avec bonheur comme elle est!


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Par seb

le 22/09/2009 à 14:02:03

Merveilleux, splendide, plein de souvenirs me reviennent en tete en lisant ces lignes et regardant les photos. Ca y est j'y re-suis.

Et toutes ces rencontres .....

La salud, pourvu que ca tienne.

Profitez au max

Hasta luego

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